Exposition Guernica { Musée Picasso }

Mardi 10 avril, Les Croqueuses de Paris étaient invitées par le Musée Picasso à une « visite privée » de l’Exposition Guernica. Toutes ne pouvant se libérer pour l’occasion, Véronique et Aurélie se sont portées volontaires – Ô que oui ! – et ont été conquises par les commentaires passionnants d’Emilia Philippot, l’une des commissaires de l’exposition.

« Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements, c’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. » Picasso

EXPOSITION (sans) GUERNICA ?

Cette première information (l’absence de l’œuvre originale, pour des raisons de conservation) peut surprendre, voire décevoir et dissuader certains visiteurs potentiels. Sachez que ce serait vraiment dommage. Car le sujet de l’Exposition Guernica dépasse largement le tableau. C’est même très exactement cela, le sujet : le fait qu’une œuvre d’art soit autant « sortie de son cadre » pour devenir autre chose, d’encore plus grand. D’abord un témoignage révolté, puis un outil de propagande et enfin ce symbole universel dont d’autres artistes s’emparent sans cesse depuis. C’est cette mise en perspective qui fait tout l’intérêt de l’exposition.

GENÈSE & INFLUENCE

Par ailleurs, si LE chef-d’œuvre n’est pas là, vous aurez sous les yeux de nombreux autres trésors (esquisses et « post-scriptums ») habituellement conservés avec lui au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid. Vous verrez aussi, grâce aux Archives Nationales de France, un bel ensemble d’affiches des Brigades internationales et des photographies terribles de la Guerre civile. Vous pourrez voir également la maquette du Pavillon de l’Exposition de 1937 pour laquelle il fut commandé, ainsi que de très nombreux documents témoignant de l’influence, toujours croissante, de Guernica au fil des décennies.

GUERNICA AUJOURD’HUI

Outre la genèse passionnante et très documentée de l’œuvre – dont on peut suivre l’évolution par les yeux de Dora Maar, photographe et compagne d’alors – c’est sans doute la découverte d’artistes contemporains s’étant emparés de sa valeur symbolique, pour la réinterpréter à leur tour, qui nous a finalement le plus intéressées. Ainsi croiserez-vous des peintures d’Antonio Saura (1959), Tatjana Doll (2009), Equipo Crónica (1969) et Art & Language (1980), un fusain géant de Robert Longo ou encore des gravures sur bois signées Agustín Ibarrola et Damien Deroubaix. Superbes !

MISSION (presque) ACCOMPLIE !

Les Croqueuses remercient bien sûr le Musée Picasso, et notamment Ingrid Wlazlo, pour son invitation très généreuse. En effectif réduit et très attentives aux commentaires de la commissaire, nous n’avons que peu croqué – l’une s’occupant à la fois du film et des photographies, l’autre jonglant entre carnets de notes et de dessin… Tout un art ! Sans compter qu’après la visite, nous avons pu nous entretenir en « têtes à tête » avec Emilia Philippot : @ suivre !

{ Infos Pratiques }

Le musée est ouvert tous les jours du mardi au vendredi de 10h30 à 18h et les samedi, dimanche et jours fériés (sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai) de 9h30 à 18h. L’exposition sera visible jusqu’au 29 juillet. Le détail des tarifs est ici.

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À Paris, t’as pas tout Phở !

Midi. C’est l’heure d’un changement d’ambiance. Radical. En quelques pas seulement ! Voilà ce qui est si magique, à Paris. Si tu as l’estomac international – comme Arletty avait un autre endroit de son anatomie – tu peux migrer du Canada vers le Vietnam, en trois minutes chrono, sans passeport ni visa !

Le petit restaurant où nous nous attablons (6, rue Jean-Baptiste Dumay, dans le 20ème arrondissement) est une adresse de notre Croqueuse Aurélie, qui a longtemps habité à côté. Elle-même l’avait découverte grâce à Julie. Vous vous souvenez ? C’est elle, déjà, qui nous avait recommandé d’aller croquer ici et , puis ! (Jolie sélection, n’est-ce pas ?) Bref. Aurélie et Julie nous l’ont affirmé : c’est ici qu’elles ont mangé le meilleur Bò bún de Paris !

L‘intérieur a changé depuis sa dernière visite, mais le réaménagement lui plaît. Plus sobre, plus fonctionnel. Et la cuisine ? Est-elle restée la même ? Nous avons lu que l’ancien chef était parti… Pour Aurélie, le Bò bún est toujours excellent. Anne aussi l’a aimé – elle en a même fini son assiette, pourtant très copieuse ! La soupe Phở a plu à Véronique et le poulet orange-gingembre, à Fabienne. Quant au dessert, il fut validé par les M.O.P.C. (les Mousquetaires de l’Ordre de la Petite Cuillère). D’ailleurs, nous étions si occupées à nous régaler, que nous n’avons même pas dessiné. Plutôt un gage de qualité, non ? ;-)

 

Une cabane à Paris

Il neige sur la capitale ? Stop ! Les Croqueuses vous ont trouvé l’adresse idéale : dépaysante, chaleureuse et douillette… la totale ! Alors, chaussez vos skis (ou vos raquettes) et filez tout schuss rue Jean-Baptiste Dumay, perpendiculaire à celle de Belleville, entre les deux stations Jourdain et Pyrénées. C’est au numéro 8 que se tient le Cerwood Terrasse, un café façon cabane canadienne.

Dès l’entrée, nous nous sommes senties accueillies et la suite de la visite n’a pas démenti cette première impression – souvent la bonne, dit-on. Il était tôt. Nous n’avons goûté ni la bière, ni la soupe, ni la pâtisserie… mais tout simplement le café, le chocolat chaud et les jus de fruits frais (pomme, kiwi) à la demande. Nous avons pu les déguster tranquilles, toute la matinée, nous promenant ici et là pour dessiner.

Certes, le feu de bois est faux. (Quoi ? Mais alors… il ne s’agit pas d’une vraie cabane canadienne ? En plein 20ème arrondissement ? Quelle déception ! 😅) Rassurez-vous, le gros canapé devant la cheminée, avec son plaid en polaire toute douce, lui, est vrai ! Ainsi que la gentillesse du service.

Kaïs et Slavik, les serveurs présents ce matin-là, se sont montrés adorables. Ils ont accepté sans problème notre présence parfois un peu envahissante – il faut bien l’avouer ! Slavik nous a confié qu’il dessine également. D’ailleurs, il a participé à la décoration, amusante et soignée, du café. Certains y verront sans doute quelques clins d’œil à l’univers de Game of Thrones, tandis que d’autres se sentiront comme Boucle d’Or entrant chez les Trois Ours. Mais tous apprécieront l’ambiance, dépaysante et chaleureuse.

Vous l’aurez compris, nous avons passé là un excellent moment. Nous vous conseillons cette adresse pour une pause réconfortante entre deux glissades (plus ou moins volontaires) sur le fameux domaine skiable de Paris… Soyez prudents !

Un tiki à Paris

« Comment ? Tu ne connais pas Les Grands Voisins ? » « Cet endroit va vous plaire, c’est certain. Mais allez-y vite : il est éphémère ! » « Oh, ce week-end, tu ne devineras jamais : j’ai campé aux Grands Voisins ! C’était trop bien ! » Bref, depuis quelque temps, tout le monde autour de nous en parlait. Or, il n’en faut pas tant pour piquer la curiosité d’une Croqueuse. Une visite chez ces fameux « voisins » s’est rapidement imposée. D’ailleurs, cela tombait bien : nous n’avions jamais croqué ensemble dans le 14ème arrondissement.

Les Grands Voisins, qu’est-ce que c’est ? Plein de choses, différentes et complémentaires : des start up et des associations*, un vrai camping et de l’hébergement d’urgence, de l’activité quotidienne et de l’événementiel, des ateliers d’artistes, une bibliothèque, des ruches, un jardin, une boulangerie, une champignonnière, une brocante, des restaurants…  Et tout cela, dans l’enceinte de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul transformée en zone piétonne, immense, entre Port-Royal et Denfert-Rochereau. Vous imaginez ? Le rêve, à Paris ! (* Food de Rue ♥ !)

En regardant les photographies ci-dessous, vous comprendrez vite pourquoi tout le monde y va. Et y retourne, encore et encore, pour le faire découvrir à d’autres. D’autant que Les Grands Voisins sont en perpétuelle mutation ! C’est même la raison d’être du projet… puisqu’il s’agit d’accompagner, sur plus de cinq années, la transformation progressive de l’hôpital désaffecté en tout nouveau quartier. Bref, c’est un lieu vivant, étonnant, attachant… qui espère vous faire faire « l’expérience d’autres manières d’habiter la ville ».

C’est simple, une fois entrées au 82 de l’avenue Denfert-Rochereau, Les Croqueuses ne seront plus qu’enthousiasme. Partout – dedans, dehors – mille et un messages nous sont adressés, pleins d’humour ou de saine colère. Nous sommes dans un laboratoire urbain, sur un terrain d’expérimentation sociale, au cœur d’un réacteur humain, là-même où des gens travaillent, pensent, échangent et agissent ensemble pour vivre une belle aventure… Un seul mot : BRAVO !

Nous y mangeons, simple et bon, pour 5,00 €. Nous y déambulons, de lieu en lieu, de surprise en surprise… et, tout au bout, tombons toutes les quatre en amour avec le camping. C’est lui – et son fameux tiki – que nous décidons de croquer, tranquillement installées sous un majestueux cèdre plus que centenaire. En effet, celui-ci régnait autrefois sur le parc entourant la maison de Chateaubriand… Quel moment fabuleux ! (Dire que le boulevard Raspail, avec sa circulation intense, est juste derrière ! C’est à peine croyable.)

Depuis, Les Grands Voisins ont célébré l’hiver et la fin de leur « Saison 1 ». Après la fête, le site a fermé pour quelques semaines… avant de rouvrir ces jours-ci. Partiellement d’abord, le 1er février. Puis totalement, au top-départ de la « Saison 2 » prévu le 30 mars. L’aventure continue de plus belle : ne ratez pas ça !

La vie en rose… et vert !

C’est un petit salon de thé gourmand. Blotti au creux du cercle que dessinent, en se croisant, la rue Saint-Charles et celle des Cévennes, dans le 15ème arrondissement. Sa particularité ? D’être dédié, tout entier, au matcha. Mais si, vous savez : cette poudre d’un vert intense, utilisée par les Japonais pour la « cérémonie du thé ».

Le jour où Les Croqueuses l’ont découvert, Au Matcha leur a fait un bien fou. Il faut dire que nous venions de traverser le 16ème en diagonale, l’île aux Cygnes sur toute sa longueur et le quartier, bondé, de Beaugrenelle – soit la bagatelle de 7 kilomètres – sous un soleil d’automne éclatant. À la fin du périple, ce carré de bitume bordé d’hortensias, nous est apparu comme une oasis. De calme, de douceur… De fantaisie, aussi ! Car l’intérieur est à la fois kawaï et accueillant : le coin canapé, douillet, doit avoir du succès l’hiver, avec son dossier à fleurs et ses deux coussins Shiba Inu. (Ces petits chiens à l’allure de renards sont adorés des Japonais, mais pas seulement : l’un d’entre eux, vrai celui-là, passe justement sur la terrasse !)

C’est donc dans un demi-coma que nous goûtons ces drôles de choses, un peu roses et surtout vertes. Smoothie, viennois, citron, frappé… le Matcha se boit aussi bien frais. Il se mange également : tiramisu, mille-crêpe et saint-honoré nous ont régalées. D’abord les pupilles, puis les papilles. Requinquées, Les Croqueuses !

Comme souvent, notre enthousiasme est communicatif. Tandis qu’Aurélie photographie son verre et son assiette sur fond d’hortensias, une petite mamie s’arrête. « C’est vous, mademoiselle, qui faites ça ? » Elle pointe du doigt le Matcha frappé à la chantilly. « Cette couleur me donne soif ! » Finalement, Denise entre et s’en commande un. Elle n’a jamais bu de thé vert et veut goûter, à nos côtés. L’occasion d’une rencontre comme on les aime, avec une ancienne coiffeuse parisienne de 88 ans, portant haut l’art de la barrette à fleurs. « Chaque jour, je m’habille, me maquille et me coiffe avec soin. C’est important, l’élégance. Pour les autres et pour soi-même, jusqu’au bout de la vie. » ♥

Nous sommes reparties légères, heureuses d’avance à l’idée de partager cette jolie découverte avec vous. (Un grand merci à Fabienne, notre Croqueuse spécialiste ès thés, pour cette adresse rafraîchissante !) Comme Denise, mettez vos plus beaux atours et allez goûter Au Matcha. Promis, vous nous remercierez !

{ POST-SCRIPTUM }

Sur le Net, les promoteurs des vertus (et du commerce de toutes sortes de produits dérivés) du Matcha sont nombreux. Nous leur avons préféré le site Nihonkara, qui propose la recette du thé vert Impérial (et du Matcha Latte), ainsi qu’une visite de LA ville du thé vert (Uji). D’ailleurs, si vous n’y prenez pas garde, il finira par vous entraîner à la découverte du Japon tout entier !

Enfin, si vous aimez « pâtisser » vous-mêmes, pourquoi ne pas tenter la recette du cake au Matcha proposée par La Popotte de Manue ? Ou celle des petits biscuits verts, signée Nathalie qui cuisine ? Les Croqueuses se portent volontaires pour la dégustation ! ;-)

Paris, peinture et tempura

Deuxième jour de croquis au Palais-Royal… Où irons-nous déjeuner, cette fois-ci ? Facile ! Le quartier japonais de Paris (alias la rue Sainte-Anne et quelques artères adjacentes) est tout près. Or, il y a là, au n° 24 de la rue Saint-Augustin, une adresse que Véronique rêve de partager avec Les Croqueuses : le restaurant Kintarô !

Elle l’a découvert il y a plus de 20 ans, quand son homme travaillait dans le quartier avec une petite bande d’amis. Certains d’entre eux rentraient d’une expatriation de trois ans à Tokyo et Kintarô était devenu leur « cantine ». À l’époque, le restaurant était beaucoup moins grand et déjà plein à ras bord. Aujourd’hui, alors que sa capacité d’accueil semble avoir presque triplé, la file des gens qui attendent sur le trottoir s’est allongée d’autant ! Bon signe, tout ça, n’est-ce pas ?

Nous patientons et, quand la porte se rapproche enfin, le patron – Véronique le reconnaît – nous demande combien nous sommes. Les Croqueuses se présentent. Quatre convives d’un coup, ce n’est pas facile à placer… Il nous propose la première moitié de la table de huit, là-bas – grande, carrée, tout au fond. Nous la partagerons avec le prochain groupe de quatre qui se présentera. Et celui-ci arrive presque aussitôt. Quatre jeunes hommes dans la vingtaine, étudiants certainement, s’installent face à nous.

La situation, inhabituelle, est d’abord mi-gênante mi-amusante. Mais l’accord qui prévaut sans doute à cette table, bien que tacite, sera scrupuleusement respecté : nous n’empièterons pas sur leur conversation, eux non plus. Et le moment de l’addition, orchestré par le facétieux patron, sera tout aussi savoureux que les plats servis tout du long. Soba, lamen, gyôza, tempura et flan au thé vert… tout est frais, copieux, fin, délicieux. Comme avant, comme toujours !

L’heure tournant, nos jeunes convives nous quittent. Le restaurant se vide peu à peu. Nous qui dessinons, mangeons moins vite que les autres et pouvons prendre le temps d’échanger ensuite avec le patron, plus disponible à la fin du service. Véronique l’interroge sur le nouvel aménagement – c’est la première fois qu’elle revient depuis qu’il est fini – puis évoque un passé plus lointain, le temps où le patron était une « patronne »… « Oh, vous avez connu ma maman ? » Les yeux d’Americo – oui, ce Français grandi au Japon est d’origine italienne – brillent et s’embuent un peu. Neuf ans déjà que la « patronne » n’est plus là, petite et vive dans son grand tablier, à courir entre les tables et lancer des ordres vers la cuisine, pour contenter chacun.

Son fils nous dit comme elle lui manque, nous raconte la période de doute qu’il a traversée à sa mort et sa volonté de poursuivre, finalement, l’aventure de ce restaurant. Puis, de nouveau tout sourire, il nous montre avec fierté « la famille » – des photos de sa femme et de ses deux filles. Oui, le patron d’aujourd’hui ressemble beaucoup à sa maman… la chaleur de l’accueil en plus. Longue vie à Kintarô !

À Paris, tous les moulins ne sont pas rouges !

En ce matin d’été pluvieux, Les Croqueuses de Paris se sont donné rendez-vous au Moulin. Pas le rouge « m’as-tu-vu » qui clignote à Pigalle. Non, le bien sage « propre sur lui » qui vend du pain place des Petits Pères, face à la basilique Notre-Dame-des-Victoires, dans le 2ème arrondissement.

Après le premier café pour se réveiller, chacune ira croquer où bon lui semblera. Véronique et Fabienne, installées en terrasse, y resteront pour dessiner la rue d’à côté sans se fatiguer. Anne, peu convaincue par l’accueil sévère de la « boulangère », prendra du recul sur la place pour s’attaquer à la façade. Tandis qu’Aurélie, gagnant la confiance et le sourire de celle-ci, pourra profiter à loisir de l’intérieur – splendide et classé, paraît-il – de la boutique.

Rester plusieurs heures assis quelque part à Paris, c’est avoir toujours du spectacle. Ce matin-là, les vedettes du générique furent :

~ dans l'ordre d'apparition ~

la religieuse (pas le gâteau) et son sac vert

les pêcheurs de baleine et leur grande bâche bleue

les promeneurs de chiens et tous les toutous du quartier

Mais, la star de la matinée fut sans conteste notre Aurélie, interviewée par Pia Clemens pour ses Femmes de Paname diffusées sur France Bleu Paris, sous le regard curieux de la clientèle !

Enfin, pour ce qui est de la qualité des gâteaux (et pas seulement les religieuses) vendues par le Moulin, Les Croqueuses s’en remettent au Tribunal… ;-)

Il fait trop chou pour dessiner !

21 juin, premier jour de l’été. Les Croqueuses vont braver la canicule. Mercure et température atteindront, paraît-il, des sommets cet après-midi. Qu’importe. C’est aujourd’hui, que nous avons rendez-vous chez Odette. Aujourd’hui, que vous en aurez le cœur net : savons-nous croquer les choux ? (À la crème, à la crème… ♫♪)

Mais, chaque chose en son temps. Nous profitons d’abord du soleil du matin, encore très supportable, pour dessiner dehors. La façade est si jolie ! Celle de la voisine aussi. Pour une fois, nous croquons de concert : même sujet, même angle. Ce sera drôle, une fois terminés, d’aligner nos dessins côte à côte – comme des petits choux dans une boîte Odette !

Devant nous, le défilé des touristes commence. En groupe, en couple, à pied, en vélo ou… en train (si si) ! Bientôt, une équipe de tournage arrive. Nous comprenons qu’il s’agit de deux musiciens de jazz – des Américains en goguette dans les rues de Paris. Le décor est parfait, rétro à souhait. Pourtant l’ambiance semble tendue. La photographe qui les suit s’assoit près de nous et se confie : les deux vedettes ont la grosse tête. Aussi, la journée en leur compagnie promet d’être bien longue…

Pour nous, au contraire, elle sera sans doute trop courte. D’ailleurs, nous leur cédons déjà le pavé. C’est l’heure d’entrer chez Odette, d’aller croquer des choux de toutes les couleurs et de prendre un peu de hauteur en montant au premier !

L’histoire est belle. Frédéric Berthy, le fondateur de la boutique, se lance à 38 ans, après des années de bons et loyaux services pour des géants du Net. Marre de l’informatique ! Il consulte de grands chefs pâtissiers, met au point ses propres recettes et ouvre, en janvier 2013, cet écrin rue Galande, entièrement dédié aux choux à la crème. Mais au fait, pourquoi des choux ? (Et pourquoi « Odette » ?) Parce que c’était le prénom de sa grand-mère, pâtissière hors-pair ! Et que celle-ci faisait des choux divins, chaque mercredi pour le goûter de Frédéric et ses cousins. On croque donc, ici, un petit bout d’enfance, au goût insouciant et sucré, bonifié sans doute aujourd’hui par une douce nostalgie…

Olivia nous accueille gentiment – comme en avril dernier, alors que nous ne venions ni filmer, ni dessiner. Juste goûter. Souffler entre copines après une longue journée. C’est un plaisir de la revoir et de tourner quelques images d’elle au travail. Puis Fanny nous rejoint : vous la verrez tamponner nos carnets à la toute fin de la séance, qu’elle estampille d’un beau sourire en prime ! Nous, entre temps, nous aurons dégusté la palette d’Odette – d’abord avec les pupilles, ensuite avec les papilles.

Notre avis de Croqueuses ? Chacune a sa préférence, parmi les deux gammes de couleurs et de saveurs. Véronique reste classique : son chouchou porte un élégant chapeau blanc, orné d’une perle argentée. Son délicat goût de vanille est « à tomber » dit-elle (dans les choux, bien sûr) ! Anne adore le citron, jaune vif et rafraîchissant. Fabienne aussi ! Mais elle craque en plus pour le chou violet, celui aux fruits des bois, bien acidulé. Aurélie préfère le caramel, gourmand, fondant et coiffé d’une étoile…

Et vous ? Lequel choisirez-vous ? Pour sa couleur ou sa saveur ? Vous nous direz ? Allez, soyez choux ! ;-)

Les Tricoteuses de Paris

Existent-elles, comme Les Croqueuses ? Peut-être ne portent-elles pas ce nom de manière officielle, mais elles existent bel et bien. La preuve, nous en avons croisées plusieurs dans un mignon salon de thé de la Butte aux Cailles (13ème arrondissement) totalement dédié à la passion de la maille. Ouvert en 2008 et premier du genre à Paris, celui-ci porte un nom charmant : L’OisiveThé. Charmant mais trompeur, car le tricot, c’est du boulot !

Les Croqueuses avaient repéré cette adresse depuis plusieurs mois et prévu, au début, de s’y rendre en avril. Quitte à ne pas se découvrir d’un fil, autant que ce dernier soit joli et bien tricoté, n’est-ce pas ? Mais les choses s’étant passées autrement, nous y voilà en mai : parfait, puisque cela nous plaît ! ;-)

Julien – qui tient aussi, avec sa femme Aimée, une autre boutique à deux pas – est venu tout spécialement nous ouvrir le salon, deux heures avant l’horaire habituel. Idéal pour investir les lieux à quatre sans gêner les clients. D’autant qu’aujourd’hui Les Croqueuses sont venues les besaces pleines de super matériel, tout neuf et à tester, généreusement fourni par le Géant des Beaux-Arts.

Fabienne et Anne se placent côte à côte, dos en vitrine, afin de croquer le comptoir et le mur où sont alignées, au fond de la boutique, pelotes de laines multicolores et belles boîtes à thé. La première s’essaiera aux feutres pinceaux Ecoline ; la seconde, aux marqueurs aquarelle Windsor & Newton. Véronique et Aurélie, de leur côté, tenteront de dessiner au marqueur à alcool I Love Art. La vaisselle posera pour elles…

C’est l’occasion de goûter un Thé du Hammam, création du Palais des Thés vendue sur place. La fraîcheur du thé vert y rencontre des saveurs plus gourmandes – rose, datte, fruits rouges et fleur d’oranger. L’ensemble est délicieux, aussi bien chaud que refroidi. (Sans doute extra en thé glacé, l’été.)

À 11 heures, Lucile arrive et commence la mise en place. Johanna la rejoint bientôt, prête pour le service. Avant l’arrivée des premiers clients, celle-ci sort son tricot. Maille après maille, elle vérifie, reprend. L’ouvrage semble extrêmement complexe : pas de doute, nous préférons nos crayons aux aiguilles. Pourtant, si nous prenions quelques cours auprès de Lucile, nous pourrions certainement nous débrouiller un peu. Et cela fait envie, car le tricot, c’est tout un art… de vivre ! Voire une philosophie. Le pratiquer, c’est entrer dans une communauté internationale – celle des « tricopines ».

Mais le temps passe et les clients s’attablent. Alors nous troquons nos carnets contre de belles assiettes, copieuses et appétissantes. Crumble d’aubergines, feuilleté de volaille, Tatin de légumes tapenade, œufs coque et saumon – tout est servi accompagné d’une salade composée, pour un peu plus de 10,00€. Il y a du monde, en terrasse et à l’intérieur. Lucile et Johanna ne goûteront pas tout de suite au plaisir de l’oisiveté – d’autant que ce soir, comme chaque mercredi, le salon est privatisé pour la soirée tricot. Nous, si ! Et dans cet îlot tranquille, cosy et coloré, c’est tellement bon… Merci, L’OisiveThé !

Paris, c’est chou !

Au sortir de la librairie, trop heureuses d’avoir obtenu l’oblitération suprême à l’effigie de ce dear William, Les Croqueuses take a French leave par la rue Saint-Julien du Pauvre, le long du square Viviani. Là, nous allons saluer une vieille branche : le doyen des arbres parisiens ! Il s’agit d’une essence venue d’Amérique, plantée en 1601 par le botaniste du roi, un certain Jean Robin – d’où son nom, robinier ou « faux acacia ».

Mais ce n’est qu’une étape. Car le gang de gourmandes que nous sommes a une idée derrière la tête… Et si nous allions fêter notre petite victoire shakespearienne à coup de choux à la crème ? Ça tombe plutôt bien puisque les meilleurs de Paris, paraît-il, se trouvent juste là. Sous notre nez. Dans leur écrin noir et blanc à liseré doré.

Quatre petits choux plus tard, alors qu’il est l’heure de nous séparer, nous décidons qu’Odette mérite plus et mieux qu’une petite pause – même victorieuse – de fin d’après-midi. C’est promis, nous reviendrons bientôt la croquer toute entière !

Paris or not Paris?

Paris of course! Et en plein cœur, même. Rive gauche, à quelques pas du Point Zéro. Nous y allons pour croquer une légende. L’un des endroits les plus famous de notre favorite city, dans le all world of the littérature anglophone : la librairie Shakespeare & Company ! (Décidément… nous croisons l’Angleterre partout aujourd’hui !)

Mais tout d’abord, on se restaure. Car la légende s’est agrandie d’un café sympathique, avec terrasse au soleil et baie vitrée sur Notre-Dame. Au passage, il est amusant de réaliser que Shakespeare (1564-1616) n’a sans doute jamais bu le moindre petit noir, cette boisson étant arrivée en Angleterre plus de 30 ans après sa mort. Quant aux menus sans gluten… ;-) En revanche, s’il était venu à Paris, le dramaturge anglais aurait pu lui aussi admirer Notre-Dame, dont la construction était achevée depuis plusieurs siècles (1345).

Quelques détails composeront pour nous ce patchwork d’impressions marquantes : poignées de porte en clin d’œil au Point Zéro, cathédrale en miroir sur visages de passage, personnel mettant un point d’honneur à ne pas parler un mot de français, tableaux noirs couverts de lignes d’écriture (in English of course) à la craie, vaisselle à fleurs et liserés dorés joliment dépareillée, questionnaire de Proust imprimé (in English of course) sur sets de table en papier kraft, pie et cake délicieux, prénoms lancés sur la terrasse quand le plat commandé arrive, tables en partage d’étudiants et touristes de toutes nationalités…

Mais, assez croqué… Croquons, maintenant ! Fabienne et Véronique choisissent de rester dehors. La première a tout de suite repéré la fontaine Wallace qui trône sur la petite place. Sa journée, commencée avec celle du Marché aux Fleurs, sera donc thématique – pas le choix ! La seconde s’attaque à la vue d’ensemble, assez riche, qui s’organise autour du cerisier. À droite, les façades à l’ancienne de la librairie. À gauche, la verdure du square Viviani. Vélo et réverbère devant. Pierre de taille et balcons haussmanniens derrière. Le décor est planté : y a plus qu’à ! Les deux autres Croqueuses, quant à elles, poussent la porte et se glissent dans la librairie…

Nous les retrouverons plus tard, à installées à l’étage. Blottie dans un semblant d’alcôve, calée sur un coin de banquette, bercées comme le chat de la maison par un visiteur assis au piano, elles habitent le décor telles des tumbleweeds à crayons. (Difficile de traduire ce terme en français, mais une recherche d’images est parlante.) C’est ainsi que George Whitman – l’un des fondateurs de cette institution littéraire – nommait les passionnés de passage qu’il hébergeait contre quelques heures de travail et, surtout, à la condition qu’ils lisent un livre par jour et lui écrivent une autobiographie d’une seule page. Depuis, les treize lits plus ou moins cachés parmi les étagères ont accueilli, dit-on, plus de 30 000 tumbleweeds. Et ce n’est pas fini : @mis lecteurs en vadrouille, n’hésitez pas à postuler !

Les Croqueuses de Paris ont aimé la belle devise de l’endroit, calligraphiée à même le mur, au-dessus d’une porte… Be not inhospitable to strangers, lest they be angels in disguise. (« Ne soyez pas inhospitalier avec les étrangers, ils pourraient être des anges déguisés »). Sans doute celle-ci nous a-t-elle aidé à transformer un premier refus – we don’t stamp drawings, only the books, it’s a tradition – en un accord chaleureux – your sketches are so beautiful!

– Thank you Shakespeare!

– You are welcome!

Le plus vieux marché de Paris

Quel meilleur symbole de notre capitale que cet îlot plein de surprises ? On y trouve tout ce qui fait le Paris des Croqueuses : de l’histoire très ancienne et de la modernité assumée, de la géographie à horizons multiples, du métissage culturel et social, de la gastronomie en veux-tu en voilà et même un peu de campagne et de solidarité !

Créé sous Louis XIII, dans la première moitié du XVIIème siècle, ce « Petit Marché » doit approvisionner le Marais, nouveau quartier d’alors. Henri IV avait envisagé d’y créer une «place de France » depuis laquelle rayonneraient des rues portant les noms des différentes provinces du pays : Bretagne, Poitou, Saintonge, Picardie, Normandie, Beauce ou encore Franche-Comté. Les noms restent mais le marché « des Enfants Rouges » – surnom faisant référence à l’institution voisine – prend la place de… la place ! D’abord installé sous une halle de bois, doté d’un puits et d’une étable, il devient vite le cœur marchand du Marais.

Au fil des siècles, il connaîtra toutes sortes de péripéties, notamment spéculatives, avant d’être acquis en 1912 par la Ville de Paris et finalement inscrit, 70 ans plus tard, à l’Inventaire des Monuments historiques. Certains lui trouveront sans doute un petit air «bobo », avec ses produits bio et ses restaurants de « cuisine du monde » ou végane… (Et alors ? Vouloir se nourrir bon et varié, si possible sans s’empoisonner, serait-il tellement condamnable ?) Après en avoir parcouru les allées toute la journée, nous pouvons témoigner: nous y avons surtout croisé des mamies à caddies, des nounous à poussettes, des couples de touristes et quelques habitués. Le taux de hipsters au mètre carré ne nous a pas semblé plus élevé qu’ailleurs ! :P

En ce tout début de printemps, Les Croqueuses ont aimé l’entrée au milieu des fleurs, la poissonnerie centrale et l’étal coloré du maraîcher. Le traiteur marocain n’a pas tardé à nous séduire à son tour. Ses arguments : thé à la menthe, cornes de gazelle, sourire, humour et gentillesse ! À midi, le choix du menu s’avère difficile. Une socca chez Alain Miam Miam ? Un repas fermier à L’Estaminet ? Tout est tentant. Nous sortons du marché par la rue des oiseaux – où se trouve un jardin partagé, placé sous la garde d’un drôle de chat (couve-t-il ?) – pour tenter notre chance au Troisième Café. Mais ce lieu formidable, chaleureusement recommandé par Aurélie, est plein comme un œuf. Demi-tour !

« Et si on essayait Le Stand, à côté du fleuriste ? » Aussitôt proposé, aussitôt attablées ! Vous savez combien Les Croqueuses ont les papilles connectées aux pupilles… Chacune d’entre nous, au cours de la matinée, avait déjà repéré les superbes tabliers « maison » des deux cuisinières. Et l’application que mettaient celles-ci à composer de jolis bols, bien appétissants. Premiers bons points, largement confirmés ensuite : arrivées un peu par hasard, et en dernier recours, nous y resterons tout l’après-midi !

Pourquoi ? Parce que, d’abord, la soupe et les deux bols du jour étaient si délicieux qu’il fallut prendre le temps de les savourer. (Sans même parler des desserts, dont un crumble à tomber de son tabouret !) Mais aussi pour l’attention souriante d’Atsuko et Nina, les deux collaboratrices de Tatiana, cheffe du Stand absente ce jour-là. Une fois le coup de feu passé, nous avons sortis nos carnets pour croquer le décor : ce comptoir accueillant, ces marmites en série, cette magie de la cuisine en train de se faire… À propos, avez-vous noté que le bruit du couteau n’est pas exactement le même selon qu’il coupe carotte ou poireau? (Tic tic tic versus Tchak tchak tchak !)

Les Croqueuses remercient de tout cœur Atsuko et Nina, qui nous ont fort gentiment tolérées, nous quatre et notre matériel un poil envahissant. Nous n’avons qu’un regret : ne pas vivre ou travailler dans ce quartier. Nous serions revenues souvent – sans peintures ni crayons – juste pour le plaisir de découvrir chaque jour, sous la halle de ce chaleureux marché, de nouvelles saveurs véganes. Bravo et longue vie au Stand !

À Paris, on connaît la Musique !

Après cette matinée si agréable, passée à croquer le Pavillon des Canaux, il a bien fallu sortir sous la pluie ! Heureusement, nous n’allions pas très loin : une station de métro (ligne 5, Porte de Pantin) et hop ! nous poussions déjà les portes de la Philharmonie. Au programme, une visite des collections permanentes.

L’épiderme étonnant, métallique et rutilant, de cette architecture luit doucement, comme en sourdine, sous la pluie. Mais… ses écailles de poisson géant, de dragon peut-être, n’évoquent-elles pas plutôt des oiseaux en plein vol, élégamment imbriqués, à la manière d’un fascinant dessinateur néerlandais ? La question reste posée

Dès l’entrée, Les Croqueuses sont priées de montrer patte blanche. En échange, nous obtenons un joli badge autocollant : nous voilà donc officiellement autorisées à dessiner dans les salles du musée. Ce petit contre-temps administratif passé, nous partons en voyage dans le temps (de – 5000 à aujourd’hui) et autour de la planète (de Saint-Omer à Bucaramanga, d’Izmir à Katmandou, en passant par Madagascar).

Chacune d’entre nous trouvera son modèle idéal : têtes de violes sculptées d’Edward Lewis (luthier anglais du 18ème siècle) pour Anne, trompette de théâtre signée Adolphe Edouard Sax (fils de l’inventeur du saxophone, 1884) pour Fabienne, métallophone khong mon klang de Thaïlande pour Véronique, tambours de Côte d’Ivoire et du Congo pour Aurélie, vièle à pique d’Iran (14ème siècle) pour Jeanne, notre invitée… Quel orchestre !

Pourtant, le silence règne en maître dans les salles du musée. D’habitude certains instruments y prennent vie, entre les mains de musiciens experts. Hélas aujourd’hui, personne : pas de chance, Les Croqueuses… Heureusement qu’il y a les « visites contées » avec ses petits groupes d’enfants rieurs qui écoutent, passionnés, des histoires musicales du monde entier !

Mais, voilà qu’après ces heures passées à dessiner, ce sont bientôt nos estomacs qui se mettent à chanter. Nous cherchons un café où « croquer » d’autres choses que trompettes et tambours. Nous n’avons pas prévu le coup ; il faut improviser. Dans ce quartier anciennement dédié à la boucherie, nous tombons soudain nez à nez avec TonTon Jaurès. Bienheureux hasard ! Une large table de ferme y attend notre joyeux bazar – crayons, boites d’aquarelle et carnets. Quant à la carte, sa palette nous convient : tartare de bœuf ou de saumon, salade florentine, frites maison…

Cette belle journée entre amies françaises et américaine se conclura sur une jolie note gustative, délicieuse « surprise du chef ». Alors qu’un parfum prometteur s’échappe de la cuisine, Les Croqueuses – curieuses et gourmandes comme elles sont – veulent savoir de quoi il s’agit. On nous apporte une corbeille : du popcorn au beurre d’escargot ! Amusant non, ce mariage entre nos cultures ? Amusant et bon : merci TonTon !

Quand Paris bat Pavillon sur les Canaux…

…c’est bon, c’est beau, c’est drôlement réussi !

Dix heures, 39 quai de la Loire, 19ème arrondissement. Ciel gris, pavés luisants, clapotis et cormorans : nous sommes au bord du bassin de la Villette, le plus grand plan d’eau artificiel de la capitale. Celui-ci, autrefois réserve d’eau potable, relie les canaux parisiens situés en amont (Ourcq / 67 km et Saint-Denis / 8 km) au canal en aval (Saint-Martin / 4,5 km) qui rejoint la Seine au bassin de l’Arsenal – nous l’avions croqué l’an dernier.

Eh bien, Mesdames Messieurs, c’est ici-même, en attendant le retour des beaux jours et l’ouverture tant espérée d’un lieu de baignade en plein air, que Les Croqueuses vous ont déniché l’endroit idéal pour se retrouver entre amis par un pluvieux matin d’hiver. Idéal pour se réchauffer d’un thé, d’un café, d’un chocolat… ou de couleurs vitaminées. Idéal pour travailler tranquille, dans un coin de salon cosy, un cookie à portée de main. Bref, idéal pour « croquer » !

Comme son pendant plus vaste et en pleine mutation, situé en face côté Rotonde, ce pavillon fut longtemps dédié à la gestion des canaux. Bureaux en bas, logement de fonction à l’étage. Désaffecté, il a d’abord été rénové par l’Office Parisien d’Architecture, pour être ensuite mis en scène et géré par Sinny & Ooko. (Tiens, ce nom nous disait quelque chose… Normal, nous les avions déjà croisés ici, un de leurs anciens lieux.) Le choix de conserver l’aspect « maison » du bâtiment originel – en gardant notamment la cuisine et la salle de bains en haut – donne au Pavillon des Canaux toute sa personnalité : le résultat est vraiment séduisant.

Assez vite, chacune d’entre nous a choisi « sa » pièce. L’accueil (et Lucas-le-baristar) pour Anne, le bureau (et la lampe trop chouette) pour Fabienne, la cuisine (so vintage) pour Véronique et la chambre (si romantique) pour Aurélie. Quant à notre invitée du jour, elle préféra la salle de bains. Et c’est ainsi que notre amie Jeanne B. de Sainte-Marie – que nous vous présenterons dans la note suivante – eut l’honneur et le privilège de pouvoir s’installer, et croquer, dans la nouvelle baignoire la plus célèbre de Paris ! (Faut avouer que la précédente, celle de Marat, était nettement moins engageante… ^^)

Au fil de la journée, l’ambiance évoluera. Car la sympathique maisonnée ne manque ni d’idées ni de talent. Jetez un œil à leur programmation, foisonnante : yoga, coiffure, œnologie, musique, tricot, expositions, rencontres… sans parler du menu. Comment (et pourquoi, surtout) résister à toutes ces tentations ? Foncez !

Un mot encore, avant de laisser nos images vous y inviter avec enthousiasme : un grand MERCI à l’équipe du Pavillon pour son accueil, sa confiance… et ses délicieux gâteaux !

Un bol de riz à Paris

Attention, adresse (d)étonnante ! En plein 3ème arrondissement, non loin de la Place des Vosges. Un café dans un angle : façades rouge brique, enseigne peu visible, amplitude horaire plutôt mince (de 12 à 17h) et – il faut bien l’avouer – accueil totalement inexistant… Et pourtant ! Les Croqueuses y ont passé un long et délicieux moment, comme suspendu, dans le temps et l’espace. Bref, nous avons croqué (aux baguettes et crayons) quelques heures en Chine. Merci Julie pour le voyage !

Si la parenthèse vous tente, Le Café Chinois se situe au 7 rue de Béarn (Métro Saint Paul ou Breguet-Sabin). Nous y avons goûté deux plats (du jour) différents, deux desserts, deux jus de fruits frais (figue et gingembre) et du thé vert : tout était vraiment savoureux, subtil et frais. Les plats servis au bol, copieux, coûtent autour de 13,00€ ; les desserts et jus de fruits frais, autour de 5,00€.

享受!Bon appétit !

{ POST-SCRIPTUM }

Ma deuxième adresse : une adresse gourmande.

C’était notre lieu de rendez-vous fétiche, avec une très bonne amie, qui me l’a fait découvrir. Je me souviens encore de ce jour. Elle m’avait réservé ce moment comme une surprise, en me disant que l’endroit allait me plaire. 

Et comment ! Quand je suis entrée, je me suis immédiatement retrouvée en Asie. Je ne suis jamais allée en Chine, mais le mobilier m’a fait penser à celui d’un restaurant où j’étais allée au Laos.

Petit bonus, le coin boutique où j’adore fouiner dans les objets tout droit venus d’Asie. Mais Les Croqueuses avaient surtout le regard dirigé vers les bonnes choses à boire et à manger, on dirait !* ;)

Julie Auzillon

*Si si, Aurélie a bien exploré ce coin-là aussi… et repéré que l’on pouvait s’y acheter la jolie petite théière croquée sous tous les angles dans nos carnets (15,00€) ainsi qu’un choix de thés du monde, fins et particuliers. ;)