{ Vidéo } Les Croqueuses au Rendez-Vous !

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De retour du Rendez-Vous !

Comme nous vous l’avions annoncé ici cet été, Les Croqueuses de Paris étaient présentes au 18ème Rendez-Vous du Carnet de Voyage, à Clermont-Ferrand, du 17 au 19 novembre dernier. Pour nous y préparer, nous avons beaucoup travaillé. Scénographie du stand, conception de la carte interactive, création des kakémonos, des cartes postales, des badges… tout cela nous a valu quelques émotions et des nuits (très) courtes en amont.

Mais ensuite, quelle récompense ! Vous êtes venus si nombreux, et si chaleureux, feuilleter nos carnets originaux, nous poser mille et une questions, nous confier vos adresses parisiennes préférées, nous dire et nous écrire tellement de petits mots doux que, depuis, nous avons le plus grand mal à « redescendre sur terre » !

Du fond du cœur, Les Croqueuses vous adressent à tous – organisateurs, bénévoles, visiteurs et amis, fidèles ou tout neufs – un (très très) grand merci et vous invitent à revivre un peu de ce moment fort à travers les photographies ci-dessous…

Bien sûr, un résumé vidéo du festival mitonné « à la sauce Croqueuses », c’est-à-dire bien vitaminé, vous attend aussi sur YouTube ! ;-)

Paris, peinture et tempura

Deuxième jour de croquis au Palais-Royal… Où irons-nous déjeuner, cette fois-ci ? Facile ! Le quartier japonais de Paris (alias la rue Sainte-Anne et quelques artères adjacentes) est tout près. Or, il y a là, au n° 24 de la rue Saint-Augustin, une adresse que Véronique rêve de partager avec Les Croqueuses : le restaurant Kintarô !

Elle l’a découvert il y a plus de 20 ans, quand son homme travaillait dans le quartier avec une petite bande d’amis. Certains d’entre eux rentraient d’une expatriation de trois ans à Tokyo et Kintarô était devenu leur « cantine ». À l’époque, le restaurant était beaucoup moins grand et déjà plein à ras bord. Aujourd’hui, alors que sa capacité d’accueil semble avoir presque triplé, la file des gens qui attendent sur le trottoir s’est allongée d’autant ! Bon signe, tout ça, n’est-ce pas ?

Nous patientons et, quand la porte se rapproche enfin, le patron – Véronique le reconnaît – nous demande combien nous sommes. Les Croqueuses se présentent. Quatre convives d’un coup, ce n’est pas facile à placer… Il nous propose la première moitié de la table de huit, là-bas – grande, carrée, tout au fond. Nous la partagerons avec le prochain groupe de quatre qui se présentera. Et celui-ci arrive presque aussitôt. Quatre jeunes hommes dans la vingtaine, étudiants certainement, s’installent face à nous.

La situation, inhabituelle, est d’abord mi-gênante mi-amusante. Mais l’accord qui prévaut sans doute à cette table, bien que tacite, sera scrupuleusement respecté : nous n’empièterons pas sur leur conversation, eux non plus. Et le moment de l’addition, orchestré par le facétieux patron, sera tout aussi savoureux que les plats servis tout du long. Soba, lamen, gyôza, tempura et flan au thé vert… tout est frais, copieux, fin, délicieux. Comme avant, comme toujours !

L’heure tournant, nos jeunes convives nous quittent. Le restaurant se vide peu à peu. Nous qui dessinons, mangeons moins vite que les autres et pouvons prendre le temps d’échanger ensuite avec le patron, plus disponible à la fin du service. Véronique l’interroge sur le nouvel aménagement – c’est la première fois qu’elle revient depuis qu’il est fini – puis évoque un passé plus lointain, le temps où le patron était une « patronne »… « Oh, vous avez connu ma maman ? » Les yeux d’Americo – oui, ce Français grandi au Japon est d’origine italienne – brillent et s’embuent un peu. Neuf ans déjà que la « patronne » n’est plus là, petite et vive dans son grand tablier, à courir entre les tables et lancer des ordres vers la cuisine, pour contenter chacun.

Son fils nous dit comme elle lui manque, nous raconte la période de doute qu’il a traversée à sa mort et sa volonté de poursuivre, finalement, l’aventure de ce restaurant. Puis, de nouveau tout sourire, il nous montre avec fierté « la famille » – des photos de sa femme et de ses deux filles. Oui, le patron d’aujourd’hui ressemble beaucoup à sa maman… la chaleur de l’accueil en plus. Longue vie à Kintarô !

À Paris, tous les moulins ne sont pas rouges !

En ce matin d’été pluvieux, Les Croqueuses de Paris se sont donné rendez-vous au Moulin. Pas le rouge « m’as-tu-vu » qui clignote à Pigalle. Non, le bien sage « propre sur lui » qui vend du pain place des Petits Pères, face à la basilique Notre-Dame-des-Victoires, dans le 2ème arrondissement.

Après le premier café pour se réveiller, chacune ira croquer où bon lui semblera. Véronique et Fabienne, installées en terrasse, y resteront pour dessiner la rue d’à côté sans se fatiguer. Anne, peu convaincue par l’accueil sévère de la « boulangère », prendra du recul sur la place pour s’attaquer à la façade. Tandis qu’Aurélie, gagnant la confiance et le sourire de celle-ci, pourra profiter à loisir de l’intérieur – splendide et classé, paraît-il – de la boutique.

Rester plusieurs heures assis quelque part à Paris, c’est avoir toujours du spectacle. Ce matin-là, les vedettes du générique furent :

~ dans l'ordre d'apparition ~

la religieuse (pas le gâteau) et son sac vert

les pêcheurs de baleine et leur grande bâche bleue

les promeneurs de chiens et tous les toutous du quartier

Mais, la star de la matinée fut sans conteste notre Aurélie, interviewée par Pia Clemens pour ses Femmes de Paname diffusées sur France Bleu Paris, sous le regard curieux de la clientèle !

Enfin, pour ce qui est de la qualité des gâteaux (et pas seulement les religieuses) vendues par le Moulin, Les Croqueuses s’en remettent au Tribunal… ;-)

Rendez-vous… au Rendez-Vous !

Chers visiteurs, @mis et @bonnés, sortez vos agendas !

Nous vous l’avions annoncé ici : les 17, 18 et 19 novembre prochains, Les Croqueuses de Paris exposeront au Rendez-Vous – ZE grand festival international du carnet de voyage !

Si nous avons un peu moins publié d’articles et de vidéos ces temps-ci, c’est pour mieux préparer ce temps fort avec le public. Nous y travaillons beaucoup ! Sur la conception du stand, sur celle d’une carte interactive, sur la création de cartes postales – que vous trouverez à la boutique du festival – et sur la préparation de rencontres (Anne et Véronique) et atelier (Aurélie) ouverts aux enfants. Bref, nous ne vous oublions pas !

Et nous continuons de croquer Paris ensemble, bien sûr… @ suivre :-)

Ils ont croqué avec nous !

Cet été, Les Croqueuses avaient envie de compagnie pour dessiner Paris. Sur notre page Facebook, nous avons donné rendez-vous, mardi 8 août, à qui voudrait partager un moment convivial avec nous.

Au départ, il était prévu de se retrouver au musée du Quai Branly. En effet, le toit y est accessible tout l’été : l’occasion rêvée de croquer une vue panoramique sur la Seine ! Hélas, le temps orageux nous a obligées à changer nos plans, la veille, à 22h ! Nous avons finalement opté pour un rendez-vous au Palais-Royal, sous les colonnes du Grand Véfour.

Ce fut une expérience très sympathique : neuf croqueurs sont venus à notre rencontre ! Des Urban Sketchers passionnés, mais d’autres aussi qui n’avaient pas dessiné depuis bien longtemps. Les uns parisiens, les autres franciliens, d’autres encore venant de plus loin – Angers ou Rouen – exprès pour nous ! (Bon, et peut-être un peu pour Paris ?) Mais tous ont en commun d’apprécier les belles choses… et les gens de bonne compagnie ! ;-)

Comme nous le faisons d’habitude, nous avons commencé par arpenter les galeries, en quête du meilleur point de vue. Peu à peu, chacun a trouvé le sien et s’est posé pour le croquer. Tout y est passé : jardin, vitrines, mobilier, mosaïques, façades, arcades, lampes, grilles, pigeons, passants, colonnes de Buren et fontaines de Bury !

Bien sûr, une rencontre entre Croqueurs ne peut se terminer ailleurs qu’autour d’une table… et même plusieurs ! Celles du Bistrot d’Edmond – une très chouette adresse du 2ème arrondissement, dénichée par hasard parce que la brasserie visée n’était pas ouverte au mois d’août – furent parfaites pour accueillir nos bavardages et récompenser nos efforts artistiques par quelque réconfort du genre liquide et désaltérant. La plus jeune d’entre nous (Corisha, 11 ans) se régala même d’un bon cheese cake au caramel : autant dire qu’elle a déjà tout d’une vraie Croqueuse de Paris ! ;-)

Un très grand merci à vous tous – Nathalie, Françoise, Patricia, Isabelle, Corisha, Jeanne, Vanessa, Luigi et El Tinois – pour votre bonne humeur, votre talent… et vos photographies ! Très heureuses de l’ambiance, et des liens tissés au fil de ce rendez-vous, nous comptons bien récidiver dès que possible !

Et vous ? Viendrez-vous, cette fois-ci ?

Il fait trop chou pour dessiner !

21 juin, premier jour de l’été. Les Croqueuses vont braver la canicule. Mercure et température atteindront, paraît-il, des sommets cet après-midi. Qu’importe. C’est aujourd’hui, que nous avons rendez-vous chez Odette. Aujourd’hui, que vous en aurez le cœur net : savons-nous croquer les choux ? (À la crème, à la crème… ♫♪)

Mais, chaque chose en son temps. Nous profitons d’abord du soleil du matin, encore très supportable, pour dessiner dehors. La façade est si jolie ! Celle de la voisine aussi. Pour une fois, nous croquons de concert : même sujet, même angle. Ce sera drôle, une fois terminés, d’aligner nos dessins côte à côte – comme des petits choux dans une boîte Odette !

Devant nous, le défilé des touristes commence. En groupe, en couple, à pied, en vélo ou… en train (si si) ! Bientôt, une équipe de tournage arrive. Nous comprenons qu’il s’agit de deux musiciens de jazz – des Américains en goguette dans les rues de Paris. Le décor est parfait, rétro à souhait. Pourtant l’ambiance semble tendue. La photographe qui les suit s’assoit près de nous et se confie : les deux vedettes ont la grosse tête. Aussi, la journée en leur compagnie promet d’être bien longue…

Pour nous, au contraire, elle sera sans doute trop courte. D’ailleurs, nous leur cédons déjà le pavé. C’est l’heure d’entrer chez Odette, d’aller croquer des choux de toutes les couleurs et de prendre un peu de hauteur en montant au premier !

L’histoire est belle. Frédéric Berthy, le fondateur de la boutique, se lance à 38 ans, après des années de bons et loyaux services pour des géants du Net. Marre de l’informatique ! Il consulte de grands chefs pâtissiers, met au point ses propres recettes et ouvre, en janvier 2013, cet écrin rue Galande, entièrement dédié aux choux à la crème. Mais au fait, pourquoi des choux ? (Et pourquoi « Odette » ?) Parce que c’était le prénom de sa grand-mère, pâtissière hors-pair ! Et que celle-ci faisait des choux divins, chaque mercredi pour le goûter de Frédéric et ses cousins. On croque donc, ici, un petit bout d’enfance, au goût insouciant et sucré, bonifié sans doute aujourd’hui par une douce nostalgie…

Olivia nous accueille gentiment – comme en avril dernier, alors que nous ne venions ni filmer, ni dessiner. Juste goûter. Souffler entre copines après une longue journée. C’est un plaisir de la revoir et de tourner quelques images d’elle au travail. Puis Fanny nous rejoint : vous la verrez tamponner nos carnets à la toute fin de la séance, qu’elle estampille d’un beau sourire en prime ! Nous, entre temps, nous aurons dégusté la palette d’Odette – d’abord avec les pupilles, ensuite avec les papilles.

Notre avis de Croqueuses ? Chacune a sa préférence, parmi les deux gammes de couleurs et de saveurs. Véronique reste classique : son chouchou porte un élégant chapeau blanc, orné d’une perle argentée. Son délicat goût de vanille est « à tomber » dit-elle (dans les choux, bien sûr) ! Anne adore le citron, jaune vif et rafraîchissant. Fabienne aussi ! Mais elle craque en plus pour le chou violet, celui aux fruits des bois, bien acidulé. Aurélie préfère le caramel, gourmand, fondant et coiffé d’une étoile…

Et vous ? Lequel choisirez-vous ? Pour sa couleur ou sa saveur ? Vous nous direz ? Allez, soyez choux ! ;-)

Paris, pastel et peupliers

Après une matinée passée à L’OisiveThé, Les Croqueuses repartent en vadrouille dans les rues de la Butte aux Cailles…

Paris est une ville pleine de surprises. Vous marchez dans une rue que vous croyez connaître. Passante, bruyante et polluée. Soudain – allez savoir pourquoi – vous tournez la tête et découvrez, stupéfait, un recoin de quartier désert, silencieux et parfumé : le Square des Peupliers. Il est là depuis toujours, pourtant. Comme caché dans un pli du plan que vous n’auriez jamais pris la peine de déplier vraiment. Un lieu profondément contradictoire, puisque ce n’est pas un jardin – mais une rue en forme de triangle – et qu’il y pousse surtout des rosiers !

Là, vous vous dites « J’en ai eu de la chance, de tomber sur ce Paradis, comme ça, au hasard des rues de Paris ! » Et quelques pas plus loin, vous voilà de nouveau séduit. Sous le charme pastel de la rue Dieulafoy, prêt à emménager dans l’heure si par bonheur on vous le proposait. (soupir) Allez… rêver ne coûte rien ! S’asseoir sur le trottoir, dessiner à l’ombre des roses, pas grand chose non plus. ;)

Si vous suivez nos aventures de Croqueuses depuis le début, cette petite promenade vous en aura sans doute rappelé deux autres : l’une dans le 20ème, l’autre dans le 12ème… Sinon ? Découvrez-les vite !

Paris à pas de Géant

Ce matin-là, place du Châtelet, à la terrasse du Zimmer, ce fut Noël avant l’heure. Les Croqueuses venaient en effet de recevoir un superbe lot de matériel à tester, envoyé par Le Géant des Beaux-Arts. Tests que nous avons faits avec plaisir et intérêt lors de notre rendez-vous de mai, à L’OisiveThé.

Suite à ces essais in situ, nous avons écrit quatre articles pour l’Atelier Géant, le magazine en ligne de l’enseigne. Anne, Fabienne et Véronique ont relaté chacune leur expérience et Aurélie réalisé une démonstration « pas à pas » en atelier. Nous espérons que ces retours vous aideront, vous aussi, à choisir les meilleurs outils !

Mais au-delà de cet échange, nous avions envie d’en savoir un peu plus au sujet du Géant à Paris. Nous avons donc posé quelques questions à Candice et Arnaud, les responsables du magasin parisien situé dans le 13ème arrondissement. Interview !

Où sont situés les magasins Géant à Paris, et pourquoi ?

Comme l’indique notre catalogue, nous avons un magasin Rive Droite (Paris 11ème) et un autre Rive gauche (Paris 13ème). Les deux se trouvent à proximité de plusieurs écoles d’art et d’architecture. Le nôtre est à quelques rues de la « Butte aux Cailles », quartier historique dont plusieurs logements ont été transformés en ateliers d’artistes et qui fait le bonheur des amateurs de Street Art.

La clientèle parisienne en général… quelle est-elle ?

Notre clientèle est très large. Nous touchons tous ceux qui utilisent du matériel beaux-arts : les étudiants, les artistes professionnels et amateurs, les associations artistiques, les ateliers, les administrations muséales et hospitalières, les écoles primaires, les collèges et lycées…

Chacun de ces deux magasins a-t-il une spécificité propre ? Des produits exclusifs ou davantage mis en avant ?

Nos 14 magasins suivent les mêmes opérations commerciales : nous proposons des promotions tout au long de l’année. En revanche, l’organisation de la mise en valeur des produits se fait en fonction de la superficie du magasin.

Aujourd’hui, nous proposons aux clients de se faire livrer gratuitement leur commande chez nous. Lors de votre passage en magasin, vous cherchez un produit en particulier ? Un conseiller de vente se chargera de le commander et vous le recevrez ici. Vous pouvez également récupérer une commande passée sur notre site.

D’une manière plus générale, quels rapports entretient le Géant avec Paris ?

Le Géant des Beaux-Arts, originaire de l’Est, s’étend partout en France. L’enseigne a décidé, il y a quelques années déjà, de venir s’installer à Paris pour aller à la rencontre des artistes de la capitale. Proches de nos clients, nous sommes également partenaires avec un certain nombre d’écoles d’arts, d’associations parisiennes et de manifestations artistiques… à suivre sur notre magazine en ligne !

Merci Candice, merci Arnaud. Une chose est sûre, Les Croqueuses n’ont pas fini d’explorer le 13ème. Entre parcours Street Art et « quartier chinois », cet arrondissement ne manque pas d’arguments. :)

Et pour trouver les magasins Géant…

Les Tricoteuses de Paris

Existent-elles, comme Les Croqueuses ? Peut-être ne portent-elles pas ce nom de manière officielle, mais elles existent bel et bien. La preuve, nous en avons croisées plusieurs dans un mignon salon de thé de la Butte aux Cailles (13ème arrondissement) totalement dédié à la passion de la maille. Ouvert en 2008 et premier du genre à Paris, celui-ci porte un nom charmant : L’OisiveThé. Charmant mais trompeur, car le tricot, c’est du boulot !

Les Croqueuses avaient repéré cette adresse depuis plusieurs mois et prévu, au début, de s’y rendre en avril. Quitte à ne pas se découvrir d’un fil, autant que ce dernier soit joli et bien tricoté, n’est-ce pas ? Mais les choses s’étant passées autrement, nous y voilà en mai : parfait, puisque cela nous plaît ! ;-)

Julien – qui tient aussi, avec sa femme Aimée, une autre boutique à deux pas – est venu tout spécialement nous ouvrir le salon, deux heures avant l’horaire habituel. Idéal pour investir les lieux à quatre sans gêner les clients. D’autant qu’aujourd’hui Les Croqueuses sont venues les besaces pleines de super matériel, tout neuf et à tester, généreusement fourni par le Géant des Beaux-Arts.

Fabienne et Anne se placent côte à côte, dos en vitrine, afin de croquer le comptoir et le mur où sont alignées, au fond de la boutique, pelotes de laines multicolores et belles boîtes à thé. La première s’essaiera aux feutres pinceaux Ecoline ; la seconde, aux marqueurs aquarelle Windsor & Newton. Véronique et Aurélie, de leur côté, tenteront de dessiner au marqueur à alcool I Love Art. La vaisselle posera pour elles…

C’est l’occasion de goûter un Thé du Hammam, création du Palais des Thés vendue sur place. La fraîcheur du thé vert y rencontre des saveurs plus gourmandes – rose, datte, fruits rouges et fleur d’oranger. L’ensemble est délicieux, aussi bien chaud que refroidi. (Sans doute extra en thé glacé, l’été.)

À 11 heures, Lucile arrive et commence la mise en place. Johanna la rejoint bientôt, prête pour le service. Avant l’arrivée des premiers clients, celle-ci sort son tricot. Maille après maille, elle vérifie, reprend. L’ouvrage semble extrêmement complexe : pas de doute, nous préférons nos crayons aux aiguilles. Pourtant, si nous prenions quelques cours auprès de Lucile, nous pourrions certainement nous débrouiller un peu. Et cela fait envie, car le tricot, c’est tout un art… de vivre ! Voire une philosophie. Le pratiquer, c’est entrer dans une communauté internationale – celle des « tricopines ».

Mais le temps passe et les clients s’attablent. Alors nous troquons nos carnets contre de belles assiettes, copieuses et appétissantes. Crumble d’aubergines, feuilleté de volaille, Tatin de légumes tapenade, œufs coque et saumon – tout est servi accompagné d’une salade composée, pour un peu plus de 10,00€. Il y a du monde, en terrasse et à l’intérieur. Lucile et Johanna ne goûteront pas tout de suite au plaisir de l’oisiveté – d’autant que ce soir, comme chaque mercredi, le salon est privatisé pour la soirée tricot. Nous, si ! Et dans cet îlot tranquille, cosy et coloré, c’est tellement bon… Merci, L’OisiveThé !

Paris, c’est chou !

Au sortir de la librairie, trop heureuses d’avoir obtenu l’oblitération suprême à l’effigie de ce dear William, Les Croqueuses take a French leave par la rue Saint-Julien du Pauvre, le long du square Viviani. Là, nous allons saluer une vieille branche : le doyen des arbres parisiens ! Il s’agit d’une essence venue d’Amérique, plantée en 1601 par le botaniste du roi, un certain Jean Robin – d’où son nom, robinier ou « faux acacia ».

Mais ce n’est qu’une étape. Car le gang de gourmandes que nous sommes a une idée derrière la tête… Et si nous allions fêter notre petite victoire shakespearienne à coup de choux à la crème ? Ça tombe plutôt bien puisque les meilleurs de Paris, paraît-il, se trouvent juste là. Sous notre nez. Dans leur écrin noir et blanc à liseré doré.

Quatre petits choux plus tard, alors qu’il est l’heure de nous séparer, nous décidons qu’Odette mérite plus et mieux qu’une petite pause – même victorieuse – de fin d’après-midi. C’est promis, nous reviendrons bientôt la croquer toute entière !

Paris or not Paris?

Paris of course! Et en plein cœur, même. Rive gauche, à quelques pas du Point Zéro. Nous y allons pour croquer une légende. L’un des endroits les plus famous de notre favorite city, dans le all world of the littérature anglophone : la librairie Shakespeare & Company ! (Décidément… nous croisons l’Angleterre partout aujourd’hui !)

Mais tout d’abord, on se restaure. Car la légende s’est agrandie d’un café sympathique, avec terrasse au soleil et baie vitrée sur Notre-Dame. Au passage, il est amusant de réaliser que Shakespeare (1564-1616) n’a sans doute jamais bu le moindre petit noir, cette boisson étant arrivée en Angleterre plus de 30 ans après sa mort. Quant aux menus sans gluten… ;-) En revanche, s’il était venu à Paris, le dramaturge anglais aurait pu lui aussi admirer Notre-Dame, dont la construction était achevée depuis plusieurs siècles (1345).

Quelques détails composeront pour nous ce patchwork d’impressions marquantes : poignées de porte en clin d’œil au Point Zéro, cathédrale en miroir sur visages de passage, personnel mettant un point d’honneur à ne pas parler un mot de français, tableaux noirs couverts de lignes d’écriture (in English of course) à la craie, vaisselle à fleurs et liserés dorés joliment dépareillée, questionnaire de Proust imprimé (in English of course) sur sets de table en papier kraft, pie et cake délicieux, prénoms lancés sur la terrasse quand le plat commandé arrive, tables en partage d’étudiants et touristes de toutes nationalités…

Mais, assez croqué… Croquons, maintenant ! Fabienne et Véronique choisissent de rester dehors. La première a tout de suite repéré la fontaine Wallace qui trône sur la petite place. Sa journée, commencée avec celle du Marché aux Fleurs, sera donc thématique – pas le choix ! La seconde s’attaque à la vue d’ensemble, assez riche, qui s’organise autour du cerisier. À droite, les façades à l’ancienne de la librairie. À gauche, la verdure du square Viviani. Vélo et réverbère devant. Pierre de taille et balcons haussmanniens derrière. Le décor est planté : y a plus qu’à ! Les deux autres Croqueuses, quant à elles, poussent la porte et se glissent dans la librairie…

Nous les retrouverons plus tard, à installées à l’étage. Blottie dans un semblant d’alcôve, calée sur un coin de banquette, bercées comme le chat de la maison par un visiteur assis au piano, elles habitent le décor telles des tumbleweeds à crayons. (Difficile de traduire ce terme en français, mais une recherche d’images est parlante.) C’est ainsi que George Whitman – l’un des fondateurs de cette institution littéraire – nommait les passionnés de passage qu’il hébergeait contre quelques heures de travail et, surtout, à la condition qu’ils lisent un livre par jour et lui écrivent une autobiographie d’une seule page. Depuis, les treize lits plus ou moins cachés parmi les étagères ont accueilli, dit-on, plus de 30 000 tumbleweeds. Et ce n’est pas fini : @mis lecteurs en vadrouille, n’hésitez pas à postuler !

Les Croqueuses de Paris ont aimé la belle devise de l’endroit, calligraphiée à même le mur, au-dessus d’une porte… Be not inhospitable to strangers, lest they be angels in disguise. (« Ne soyez pas inhospitalier avec les étrangers, ils pourraient être des anges déguisés »). Sans doute celle-ci nous a-t-elle aidé à transformer un premier refus – we don’t stamp drawings, only the books, it’s a tradition – en un accord chaleureux – your sketches are so beautiful!

– Thank you Shakespeare!

– You are welcome!

Paris, flowered city!

Quel beau soleil ! En ce matin d’avril, quand Les Croqueuses accostent sur le quai de Corse, il fait un temps de printemps idéal. Parfait pour déambuler sous la voûte mauve des paulownias puis se poser parmi les hortensias et dessiner le Marché aux Fleurs. Installé sur l’île de la Cité depuis l’aube du XIXème siècle, il a plus récemment (le 7 juin 2014) été baptisé « Reine Elizabeth II » : l’événement donna lieu à une petite visite royale en marge du 70ème anniversaire du Débarquement. 

Mais, pas de protocole pour Les Croqueuses… au contraire ! Notre mission, c’est plutôt la disparition. Nous nous incrustons quelque part, tout en essayant de faire croire que nous n’y sommes pas… Tout un art. ;)

« Quand je passe dans le quartier, nous confie Fabienne, je fais souvent un détour par-ici. Je m’arrête toujours pour admirer le magasin d’orchidées. Puis je poursuis mon chemin en rêvant qu’un jour, peut-être, j’aurai moi aussi un jardin où faire pousser toutes ces plantes… » Mais cette fois, c’est différent : il ne s’agit ni de passer, ni de rêver, mais de trouver quoi se mettre sous le crayon. Fabienne tourne un peu sous les halles et ne peut s’empêcher de revenir vers l’une des deux fontaines Wallace – l’occasion de découvrir un autre lien tissé entre Parisiens et Anglais… C’est un « modèle » qui tente notre Croqueuse depuis longtemps. Elle se glisse entre deux voitures et démarre, debout pour un petit moment.

Pendant ce temps, d’autres ont trouvé meilleures postures… Après le dessin sur matelas de luxe au Marché Saint-Pierre, Aurélie a testé pour vous le croquis sur selle de Vélib’ ! (La station étant pleine, aucun risque de gêner.) Avantages : stabilité, hauteur de vue, panier pour poser son matériel. Inconvénient : inconfort sur la durée. Mais la rapidité d’exécution n’est-elle pas l’une des principales exigences des croquis de plein air – afin de leur garder, comme pour les fleurs, toute leur fraîcheur ? Un employé chargé de l’entretien des Vélib’ arrive ; la conversation s’engage et, forcément, il est vite question de confort… Eh bien, sachez qu’un nouvel appel d’offre a été lancé par la Mairie de Paris. Bientôt plus de moelleux ?

Véronique et Anne, quant à elles, ont été généreusement accueillies au Jardin de Chantal – petite chaise et caisse de bois à l’appui. Anne se lance aussitôt dans un dessin de l’étalage en perspective, tandis que Véronique tombe en arrêt devant une splendide fougère arborescente. Pour qui a découvert cette plante dans une forêt primaire de l’Océan indien, voilà une rencontre parisienne plutôt inattendue : un portrait s’impose !

Lorsque nous avons terminé, la maîtresse des lieux accepte volontiers de tamponner nos carnets. Elle en profite pour les feuilleter, puis noter nos adresses et nous donner la sienne. Charmée par son beau sourire à fossettes, Véronique lui demande si elle peut la photographier. Peu convaincue, Chantal hausse modestement les épaules : elle n’est pas sûre que cela en vaille la peine… C’est alors qu’un client qui suivait la conversation – attendant gentiment derrière la caisse, depuis un petit moment déjà, un pot de fleurs à la main – vole à notre secours. « Et vous avez des yeux magnifiques ! » ajoute-t-il à nos arguments. Chantal rit. Clic-clac ! la photo est prise. Radieuse. À l’image de cette matinée sur l’île de la Cité.

Le plus vieux marché de Paris

Quel meilleur symbole de notre capitale que cet îlot plein de surprises ? On y trouve tout ce qui fait le Paris des Croqueuses : de l’histoire très ancienne et de la modernité assumée, de la géographie à horizons multiples, du métissage culturel et social, de la gastronomie en veux-tu en voilà et même un peu de campagne et de solidarité !

Créé sous Louis XIII, dans la première moitié du XVIIème siècle, ce « Petit Marché » doit approvisionner le Marais, nouveau quartier d’alors. Henri IV avait envisagé d’y créer une «place de France » depuis laquelle rayonneraient des rues portant les noms des différentes provinces du pays : Bretagne, Poitou, Saintonge, Picardie, Normandie, Beauce ou encore Franche-Comté. Les noms restent mais le marché « des Enfants Rouges » – surnom faisant référence à l’institution voisine – prend la place de… la place ! D’abord installé sous une halle de bois, doté d’un puits et d’une étable, il devient vite le cœur marchand du Marais.

Au fil des siècles, il connaîtra toutes sortes de péripéties, notamment spéculatives, avant d’être acquis en 1912 par la Ville de Paris et finalement inscrit, 70 ans plus tard, à l’Inventaire des Monuments historiques. Certains lui trouveront sans doute un petit air «bobo », avec ses produits bio et ses restaurants de « cuisine du monde » ou végane… (Et alors ? Vouloir se nourrir bon et varié, si possible sans s’empoisonner, serait-il tellement condamnable ?) Après en avoir parcouru les allées toute la journée, nous pouvons témoigner: nous y avons surtout croisé des mamies à caddies, des nounous à poussettes, des couples de touristes et quelques habitués. Le taux de hipsters au mètre carré ne nous a pas semblé plus élevé qu’ailleurs ! :P

En ce tout début de printemps, Les Croqueuses ont aimé l’entrée au milieu des fleurs, la poissonnerie centrale et l’étal coloré du maraîcher. Le traiteur marocain n’a pas tardé à nous séduire à son tour. Ses arguments : thé à la menthe, cornes de gazelle, sourire, humour et gentillesse ! À midi, le choix du menu s’avère difficile. Une socca chez Alain Miam Miam ? Un repas fermier à L’Estaminet ? Tout est tentant. Nous sortons du marché par la rue des oiseaux – où se trouve un jardin partagé, placé sous la garde d’un drôle de chat (couve-t-il ?) – pour tenter notre chance au Troisième Café. Mais ce lieu formidable, chaleureusement recommandé par Aurélie, est plein comme un œuf. Demi-tour !

« Et si on essayait Le Stand, à côté du fleuriste ? » Aussitôt proposé, aussitôt attablées ! Vous savez combien Les Croqueuses ont les papilles connectées aux pupilles… Chacune d’entre nous, au cours de la matinée, avait déjà repéré les superbes tabliers « maison » des deux cuisinières. Et l’application que mettaient celles-ci à composer de jolis bols, bien appétissants. Premiers bons points, largement confirmés ensuite : arrivées un peu par hasard, et en dernier recours, nous y resterons tout l’après-midi !

Pourquoi ? Parce que, d’abord, la soupe et les deux bols du jour étaient si délicieux qu’il fallut prendre le temps de les savourer. (Sans même parler des desserts, dont un crumble à tomber de son tabouret !) Mais aussi pour l’attention souriante d’Atsuko et Nina, les deux collaboratrices de Tatiana, cheffe du Stand absente ce jour-là. Une fois le coup de feu passé, nous avons sortis nos carnets pour croquer le décor : ce comptoir accueillant, ces marmites en série, cette magie de la cuisine en train de se faire… À propos, avez-vous noté que le bruit du couteau n’est pas exactement le même selon qu’il coupe carotte ou poireau? (Tic tic tic versus Tchak tchak tchak !)

Les Croqueuses remercient de tout cœur Atsuko et Nina, qui nous ont fort gentiment tolérées, nous quatre et notre matériel un poil envahissant. Nous n’avons qu’un regret : ne pas vivre ou travailler dans ce quartier. Nous serions revenues souvent – sans peintures ni crayons – juste pour le plaisir de découvrir chaque jour, sous la halle de ce chaleureux marché, de nouvelles saveurs véganes. Bravo et longue vie au Stand !