Vive le « télé-croquis » ! (5)

Ce jeudi encore, Les Croqueuses de Paris se sont e-retrouvées dans les rues de Paris pour leur séance rituelle de télé-croquis…

Les Croqueuses de Paris en télé-croquis

Cette fois-ci, cap sur le 14ème arrondissement, la rue des Thermopyles et la Cité Bauer : un quartier bucolique où nous nous étions promenées en sortant des Grands Voisins. Fabienne, Anne, Aurélie, Véronique… chacune a croqué sa façade préférée. Il faut dire qu’elles sont toutes plus charmantes les unes que les autres !

Les Croqueuses de Paris

Le programme du « télé-croquis » de jeudi prochain est déjà choisi mais ce sera un rendez-vous un peu spécial, car il vous concerne tous ! Cela fait un petit moment que Les Croqueuses y réfléchissent : est-ce qu’une e-rencontre entre télé-Crocœurs sur Zoom vous plairait ?

@ suivre… 😉

Un tiki à Paris

« Comment ? Tu ne connais pas Les Grands Voisins ? » « Cet endroit va vous plaire, c’est certain. Mais allez-y vite : il est éphémère ! » « Oh, ce week-end, tu ne devineras jamais : j’ai campé aux Grands Voisins ! C’était trop bien ! » Bref, depuis quelque temps, tout le monde autour de nous en parlait. Or, il n’en faut pas tant pour piquer la curiosité d’une Croqueuse. Une visite chez ces fameux « voisins » s’est rapidement imposée. D’ailleurs, cela tombait bien : nous n’avions jamais croqué ensemble dans le 14ème arrondissement.

Les Grands Voisins, qu’est-ce que c’est ? Plein de choses, différentes et complémentaires : des start up et des associations*, un vrai camping et de l’hébergement d’urgence, de l’activité quotidienne et de l’événementiel, des ateliers d’artistes, une bibliothèque, des ruches, un jardin, une boulangerie, une champignonnière, une brocante, des restaurants…  Et tout cela, dans l’enceinte de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul transformée en zone piétonne, immense, entre Port-Royal et Denfert-Rochereau. Vous imaginez ? Le rêve, à Paris ! (* Food de Rue ♥ !)

En regardant les photographies ci-dessous, vous comprendrez vite pourquoi tout le monde y va. Et y retourne, encore et encore, pour le faire découvrir à d’autres. D’autant que Les Grands Voisins sont en perpétuelle mutation ! C’est même la raison d’être du projet… puisqu’il s’agit d’accompagner, sur plus de cinq années, la transformation progressive de l’hôpital désaffecté en tout nouveau quartier. Bref, c’est un lieu vivant, étonnant, attachant… qui espère vous faire faire « l’expérience d’autres manières d’habiter la ville ».

C’est simple, une fois entrées au 82 de l’avenue Denfert-Rochereau, Les Croqueuses ne seront plus qu’enthousiasme. Partout – dedans, dehors – mille et un messages nous sont adressés, pleins d’humour ou de saine colère. Nous sommes dans un laboratoire urbain, sur un terrain d’expérimentation sociale, au cœur d’un réacteur humain, là-même où des gens travaillent, pensent, échangent et agissent ensemble pour vivre une belle aventure… Un seul mot : BRAVO !

Nous y mangeons, simple et bon, pour 5,00 €. Nous y déambulons, de lieu en lieu, de surprise en surprise… et, tout au bout, tombons toutes les quatre en amour avec le camping. C’est lui – et son fameux tiki – que nous décidons de croquer, tranquillement installées sous un majestueux cèdre plus que centenaire. En effet, celui-ci régnait autrefois sur le parc entourant la maison de Chateaubriand… Quel moment fabuleux ! (Dire que le boulevard Raspail, avec sa circulation intense, est juste derrière ! C’est à peine croyable.)

Depuis, Les Grands Voisins ont célébré l’hiver et la fin de leur « Saison 1 ». Après la fête, le site a fermé pour quelques semaines… avant de rouvrir ces jours-ci. Partiellement d’abord, le 1er février. Puis totalement, au top-départ de la « Saison 2 » prévu le 30 mars. L’aventure continue de plus belle : ne ratez pas ça !

Un Bouillon à Paris

L’année dernière, pour leur traditionnel repas de Noël entre copines, Les Croqueuses de Paris cherchaient l’endroit idéal. Étant données nos exigences et celles de nos porte-monnaie, le restaurant devait réunir trois qualités essentielles : typiquement parisien, chaleureux et bon marché… La veille encore, les recherches allaient bon train quand Véronique eut une illumination soudaine ! « Et si on allait chez Chartier ? »

TOUS AU BOUILLON !

Fabienne connaissait déjà, mais pas Aurélie ni Anne. Ce déjeuner serait donc l’occasion de leur faire découvrir ce haut lieu de parisianisme populaire. Car des bouillons, au début du XXème siècle, il y en avait plus de 250 dans la capitale ! Les ouvriers, les petits employés, les forts des Halles s’y nourrissaient chaque jour.

Le père de Véronique l’y emmenait, petite. C’est lui qui disait « chez Chartier » mais en réalité, ils en fréquentaient plusieurs, tous dans le même style à la fois simple et Belle Époque. Notre Croqueuse se souvient surtout de deux d’entre eux. Le premier, qui se situait à l’étage d’un immeuble rue de Richelieu, semble avoir fermé. Le second, rue du Commerce dans le 15ème arrondissement, existe encore :  il s’est modernisé – embourgeoisé aussi sans doute…

Celui-ci, le vrai Bouillon Chartier, reste authentique, avec son potage de légumes à 1€ ou ses desserts tous entre 2,60 et 4€ – dont les fameux chou et baba au rhum couverts de Chantilly qui feront craquer (et croquer) Aurélie et Fabienne !

UNE INSTITUTION

Mais d’abord, il faut s’ouvrir l’appétit : nous nous offrons une longue balade à travers le dédale des passages couverts. Le quartier en est plein et c’est toujours un grand bonheur de les parcourir en décembre, quand ils se préparent pour les fêtes et se parent de guirlandes.

Quelques minutes avant l’ouverture, Les Croqueuses rejoignent la file d’attente qui s’est déjà formée dans la cour, devant l’entrée du restaurant… Que dis-je ? De cette institution, fondée par les deux frères Chartier en 1896 ! Il y a la queue, oui. Car les 325 places assises de l’immense salle – une ancienne cour intérieure couverte par une verrière et aujourd’hui classée « Monuments Historiques » – sont fort courues aux heures de pointe !

Lorsque les portes s’ouvrent, nous faisons en sorte d’être placées au fond afin d’avoir une belle vue. Sympa, la perspective et les miroirs immenses tout autour de la salle ! C’est ainsi que Max deviendra « notre » serveur : vif, souriant, sympathique, efficace… celui-ci nous mettra tellement à l’aise que nous resterons assises à cette même table cinq heures durant – oui oui, vous avez bien lu ! Le temps de tout bien croquer, tranquilles, à tous les sens du terme.

DES CONVERSATIONS

Et puis, comme souvent à Paris – si si, détrompez-vous ! – dans ce genre d’endroit convivial, la conversation s’engage entre voisins de table..

La dame placée à la gauche de Véronique, s’apercevant qu’elle figure en gros plan sur son dessin, lui confie son prénom et la raison de sa présence ici aujourd’hui : Sophie est venue, avec son mari, parce que c’est son anniversaire et qu’elle adore ce restaurant. C’est un déjeuner de fête, mais en toute discrétion, sans bougie ni gâteau, juste comme ça – un petit rituel de « vieux » Parisiens.

De l’autre côté de l’allée, on célèbre autre chose. Le costume d’un des clients nous intrigue beaucoup, avec son gilet noir, ses bas blancs, son jabot et ses manches en dentelles. Serait-ce un comédien ? Travaille-t-il au Musée Grévin, situé juste à côté ? Eh bien, pas du tout : il s’agit d’un Notaire qui vient de prêter serment !

L’après-midi a passé vite, dans cette atmosphère si particulière… un pur bonheur. Max aura bientôt fini son service et la relève est arrivée : sa collègue (et amie) Virginie vient d’enfiler son grand tablier. L’addition griffonnée sur la nappe, nous leur offrons en guise de pourboire nos petits cadeaux de Noël (cartes postales et badges) et promettons de revenir. Leurs deux beaux sourires nous font très plaisirs. Depuis, Aurélie a tenu promesse – pas moins de quatre fois ! – y amenant moult copines et famille de passage, tous conquis par l’ambiance, le ballet des serveurs, le décor et le rapport qualité-prix.

Alors… et vous qui nous lisez, irez-vous à votre tour ? Si oui, soyez choux, saluez Max ou Virginie pour nous !

{ Infos Pratiques }

Le Bouillon Chartier est au n°7 de la rue du Faubourg Montmartre, Paris 9ème. Métro Grands Boulevards. Il est ou­vert tous les jours de 11h30 à minuit. (Pas de réservation.)