Les Croqueuses de… Giverny !

Attention, grande première ! Il y a de cela plus d’un an, Les Croqueuses ont franchi non seulement les frontières de la petite et de la grande couronnes, mais également celles de l’île-de-France. Elles se sont joyeusement affranchies de Paris et de sa banlieue pour s’aventurer jusqu’en Normandie… Récit !

JARDIN TABLEAU

Quitte à faire quelques kilomètres, autant que le programme soit bien rempli : nous visiterons d’abord les jardins et la maison de Claude Monet, puis le Musée des Impressionnismes et sa superbe exposition temporaire – nous en avons déjà parlé, lorsqu’elle était encore d’actualité. Nos billets ont été pris d’avance ; nous entrons donc chez le « Pape des Impressionnistes » par la porte de côté, en longeant le vieux mur sous les (futurs) kiwis.

Que dire d’original sur ces jardins ? Tout y est si beau, si pensé, si spectaculaire ! On a juste envie de se taire. De s’asseoir au bout d’une allée ou au bord d’un bassin… Et de croquer cette nature épanouie, foisonnante, là, comme ça, tout de suite, sur le motif. Alors, c’est ce qu’on fait. Comme d’habitude. À deux blotties sur un banc, ou debout seule, au bord de l’eau. Seule ? Non, pas vraiment. Nous dessinons tant bien que mal, immobiles au milieu du flot continu et parfois bruyant des touristes – nos semblables, il faut bien l’avouer…

Pourtant, pas de regret. La beauté des jardins et leur art d’avaler toute présence humaine dans son abondance de feuilles, de fleurs, de plantes, de hampes, de tiges, de thyrses… nous font souvent oublier la foule. Et puis, certains coins sont moins visités que d’autres. Nous les cherchons, les trouvons. Par ailleurs, le fait de rester un long moment au même endroit, pour dessiner, permet de goûter intensément de très beaux instants de solitude, comme plongées soudain dans un immense bain de couleurs – un tableau végétal, un chef-d’œuvre vivant.

MAISON PALETTE

La maison, elle aussi, nous offre ses couleurs. Le rose des murs extérieurs dialogue avec le vert des volets et des bancs. Le jaune éblouissant de la salle à manger – où La Grande Vague, célèbre estampe d’Hokusai est exposée – avec le rouge des tomettes et le bleu des faïences. Le calme doux des beiges, des mauves et du bois chaleureux des chambres, avec l’explosion de verdure insensée, projetée depuis le jardin à travers les fenêtres. Chaque pièce a son caractère et le tout, son harmonie singulière. S’y promener, en s’imaginant se poser quelques minutes pour admirer les estampes japonaises, croquer les bouquets sur les tables ou prendre un thé dans un fauteuil à fleurs… quel bonheur !

Mais revenons à la réalité : le temps passe et après la visite des jardins puis de la maison, il ne nous reste plus qu’à sortir par la boutique… Celle-ci est installée dans le vaste atelier où Claude Monet a peint les Nimphéas pour l’offrir à la France le 11 novembre 1918, jour de l’Armistice, comme monument à la Paix. Ce don de l’artiste se fera non sans peine par l’intermédiaire de son ami Georges Clémenceau, dont il partage les idées républicaines. Si ce n’est déjà fait, allez les voir – oui oui, c’est un impératif ! – au Musée de l’Orangerie. À noter que la boutique vend, entre les sachets de graines et les décorations de Noël en tissu, la version américaine du bel album écrit par notre Croqueuse Véronique et illustré par Bruno Pilorget : The Great Wave ! (Trop fières !)

En résumé, malgré la foule et la pluie intermittente, Les Croqueuses ont adoré cette visite – la 4ème pour Véronique, chauffeuse occasionnelle de la troupe, qui a eu la chance depuis d’y retourner en automne. « Les couleurs y sont encore plus belles qu’au printemps ! » affirme-t-elle, enthousiaste. Et c’est bien là l’enjeu de l’œuvre de Monet : saisir l’insaisissable, cette beauté changeante et sans cesse renouvelée de la nature au fil des heures, des jours, des saisons, de la vie…

Post-scriptum : pour voir nos dessins en train de se faire, rendez-vous sur YouTube où la vidéo de notre visite est en ligne ! Deux autres séries de quatre dessins ont été faits depuis, en télé-croquis d’après nos photographies, pendant le confinement. Vous les trouverez ici et !

{ Infos Pratiques }

En 2020, la Fondation Claude Monet a ouvert ses portes à partir du 8 juin et jusqu’au 1er novembre, tous les jours de 9h30 à 18h. Attention, la réservation en ligne est désormais obligatoire (date et créneau horaire à choisir) ainsi que le port du masque.

Ils ont croqué avec nous !

Pour celles et ceux qui n’auront pas la chance de partir cet été, la Mairie de Paris propose un programme quotidien d’événements culturels, sportifs, éducatifs et de loisirs totalement gratuits. C’est à l’occasion de cet « été particulier » que la Grande Mosquée a pris l’initiative d’inviter Les Croqueuses pour animer deux ateliers de dessin in situ, dans son jardin.

Quel merveilleux écrin ! Comme vous pouvez le voir sur nos photographies, difficile de rêver d’un plus bel endroit pour s’évader quelques heures, le crayon à la main… L’atmosphère de cette oasis de verdure est si propice à la contemplation de la beauté, la concentration, la création ! Le mardi, comme nous n’étions pas trop nombreux, nous nous sommes installés au cœur même du jardin, à l’ombre de l’arbre à kakis. Le lendemain, à plus de vingt, nous avons préféré disposer les tables autour des deux grands bassins qui surplombent un peu la verdure.

À leur arrivée, nous avons d’abord invité nos stagiaires à découvrir les lieux en se promenant simplement, le nez en l’air et l’œil ouvert. Puis chacun s’est installé, assis, posé, à l’endroit même où son regard et son envie de croquer l’avaient amené. Pour certains ce fut face aux fontaines ; pour d’autres, au pied du minaret. Les yeux des uns avaient été ravis par la finesse des bas-reliefs ou la richesse de la végétation ; ceux des autres, par les motifs hypnotiques des mosaïques ou le joli duo formé de la lune et de son étoile…

Après le temps du dessin, vint l’heure de la mise en couleurs. Là, on troqua les crayons contre les pinceaux. On ouvrit les boites d’aquarelle et les tubes de pigment turquoise. Jeunes et moins jeunes, filles et garçons, papas, mamans, marraine, copines… c’était si beau de vous voir tous penchés sur le papier, si appliqués, si créatifs ! (Les photos ci-dessous en témoignent.) Un grand merci à vous, d’être venus partager notre amour du dessin in situ, dans cette superbe oasis parisienne – avec sourires et bonne humeur bien visibles malgré le masque ! 😉

Les Croqueuses de Paris remercient également les équipes de la Grande Mosquée. D’abord, de nous avoir invitées – pour nous, un honneur autant qu’un plaisir – mais aussi et surtout de nous avoir ensuite si bien accueillies : choukrane, du fond du cœur ! شُكْران 

Cela dit, notre collaboration n’est pas finie puisque notre Croqueuse Aurélie (Pedrajas) exposera ses toutes nouvelles créations, réalisées en duo avec une autre Aurélie (Bréna), les 12 et 13 septembre prochains dans la grande salle qui borde le jardin. (Vernissage le samedi 12 à 17h !) Cela tombe bien : nous avons déjà hâte d’y retourner !