De retour du No Mad Festival !

Il y a un mois, Les Croqueuses étaient invitées au No Mad Festival et tenaient stand sur les quais de Pontoise. C’est à cette occasion qu’Anne et Aurélie ont animé un atelier « carnet de voyage » à bord de l’Eva-Na. Nous avons publié la vidéo de ce moment magique… mais pas encore parlé du festival dans son ensemble.

S’il fallait le résumer d’un seul mot, nous dirions « réussite » ! Car vous avez été nombreux à venir nous voir, nous parler, feuilleter nos carnets, curieux de ce que nous faisons. Votre enthousiasme nous conduit même à repenser certaines choses : nous n’avions jamais envisagé de vous proposer des stages, mais la demande récurrente et le succès de celui du dimanche – une idée de l’Office de Tourisme de Cergy-Pontoise – pourrait bien nous faire changer d’avis. Qu’en pensez-vous ?

Plus largement, le No Mad Festival fut une belle réussite par son programme riche et intelligent – ce qui veut dire très frustrant pour les exposants, qui ne peuvent en profiter vraiment !

Néanmoins, deux choses nous ont principalement marquées. D’abord, l’ambiance générale très bon enfant, festive et estivale, avec de belles soirées qui se terminent en bal. Ensuite – et c’est normal pour des Croqueuses – la découverte de la cuisine tibétaine, absolument délicieuse ! Quelle bonne idée, d’avoir confié le dîner des invités à l’association La Pierre Blanche, qui aide (entre autres) les réfugiés ! Modestes et pourtant pleins de talents, nos hôtes nous ont régalé les papilles, les pupilles… et même les oreilles, par des chants traditionnels offerts avec le cœur. Merci à eux, et merci à toute l’équipe du Festival, pour son accueil, sa confiance et son efficacité !

 

Une île en île-de-France…

Ce n’est ni Belle-île-en-Mer, ni Marie-Galante. Encore moins Singapour ou Ceylan. Mais… vous allez voir, l’île Nancy, c’est très bien aussi !

SORTIE NATURE ?

Chers lecteurs, êtes-vous plutôt comme nos deux Croqueuses provinciales, Anne et Fabienne, qui aiment les balades au grand air? Les lieux sans voiture, à 100% piétons ? Où l’on peut marcher à sa guise, le nez en l’air dans la verdure, sans même risquer de heurter un vélo ? Vous rêvez de berges au bord de l’eau? De passe à poissons ? De chemins frais dans les sous-bois ? De grandes pelouses où l’on peut pique-niquer, en famille, avec les oies bernaches ? Le tout à 30 minutes de Paris ? Ne cherchez plus, ce petit Paradis existe: c’est l’île Nancy, à Andrésy (78) !

SORTIE CULTURE !

Oh non, pas du tout. Vous, vous êtes du genre des deux autres Croqueuses, Véronique et Aurélie, à toujours courir les expositions! À vouloir découvrir de nouvelles œuvres d’art, parfois venues de loin, qui vous envoûtent, vous émerveillent, vous interrogent ou vous surprennent… À aimer vous confronter au travail d’artistes d’aujourd’hui – Francine Garnier, Liu Hsiang-Lan, Kambach, Philippe CusseSylvie Verhée, Sui Lin Leung, Zsuzsa Farkas – comme à celui des enfants, s’emparant des mêmes thématiques, pour créer à leur tour. Eh bien, ne cherchez plus non plus : cela s’appelle « Sculptures en l’île » et se situe au même endroit !

UNE JOLIE PARENTHÈSE…

Vous l’aurez compris, cette île a tout pour plaire. L‘exposition est riche et mérite que l’on s’y plonge. Certaines œuvres, très poétiques, invitent à la rêverie, la réflexion, la déambulation… et au croquis, bien sûr. Pour parfaire la visite, vous pouvez lire le catalogue (disponible sur place) et n’êtes pas obligé de faire les clowns façon Croqueuses (cf. la vidéo) !

Vous n’avez pas pensé à prendre un pique-nique ? Génial ! C’est le prétexte idéal pour goûter aux frites du « Kiosque » – vraiment bonnes. Vous n’avez pas non plus prévu de lecture pour la sieste ? Pas de problème ! Isabelle et Catherine, les bibliothécaires, viennent régulièrement garnir les petites cabanes à lire colorées qui bordent la pelouse. Vous préférez faire une petite marche digestive ? Le « Treck’île » vous attend !

Bref, curieux de nature et gourmands de culture, vous avez rendez-vous sur l’île Nancy. Celle-ci est accessible du mercredi au dimanche de 10h à 19h. Si vous aimez vous poser, sachez qu’il est tout à fait possible d’y passer une journée entière sans s’ennuyer ! (Petit détail pratique : des toilettes sont à la disposition du public, derrière « Le Kiosque » mais sans obligation de consommation.) En un mot, c’est une jolie parenthèse à s’offrir. Elle s’ouvre sur les quais de la Gare Saint-Lazare, avec la première sculpture de l’exposition. Après la ligne J, Les Croqueuses de Paris ont adoré prendre le bateau (gratuit) à l’embarcadère. S’il est sur l’autre rive, un petit signe de la main et il arrive.

…PRESQUE SECRÈTE !

L’une des Croqueuses connaît bien l’île Nancy : elle ne vit pas très loin et y va régulièrement. « L’île est si agréable, dit-elle, si surprenante quand on vient de Paris – ou de plus loin – avec des idées toutes faites sur la banlieue ! C’est le genre d’endroit qui provoque, chez moi, deux réactions totalement contradictoires : je meurs d’envie de le partager… tout en espérant qu’il reste secret, pour mieux en profiter. »

Trop tard ! ;-)

Sourires en stock !

Ceux d’entre vous qui nous suivent sur Facebook le savent : Les Croqueuses aiment les sourires plus que tout. (Plus que les choux à la crème et, même, que le camaïeu de gris des toits de Paris !) C’est pourquoi, chaque lundi à 10 heures, nous vous en offrons un – parfois plusieurs – « pour bien commencer la semaine » !

En voici un (tout petit) échantillon, collecté au fil de nos sorties…

…ne manquez pas les prochains, suivez-nous ! ;-)

Derniers jours ! { Giverny }

La très belle exposition du Musée des Impressionnismes de Giverny se termine dimanche et ce serait vraiment dommage de la rater. Des estampes d’Hokusai et Hiroshige (entre autres) à celles de Mary Cassatt, Henri Rivière et Félix Vallotton, des objets d’art peints par Pierre Bonnard ou Maximilien Luce aux œuvres de Renoir, Monet, Manet, Denis, Signac, Seurat, Pissaro, Morisot, Van Gogh, Caillebotte ou Matisse… Les Croqueuses de Paris en ont pris plein les yeux. Conseil d’amies : si vous le pouvez, ce week-end, courrez-y !

欢迎来到巴黎!

Après l’aventure de ces jolis plans, Les Croqueuses de Paris sont heureuses de vous montrer le fruit de leur nouvelle collaboration avec les magazines Where Paris : la couverture de l’édition destinée aux touristes chinois.

Vous y reconnaîtrez sans doute la patte de chacune. Tout d’abord, le Palais-Royal dessiné par Fabienne – oui, celui qui existe en carte postale ! Ensuite, la colonne Morris d’Aurélie – oui oui, celle de notre kakemono ! Enfin, les couples du jardin croqués par Véronique et l’affiche, tout spécialement créée par Anne, vantant les beautés de la Côte d’Azur… Bref, une vraie création collective, réalisée à 8 mains – et pas une de moins !

欢迎来到巴黎!

(« Bienvenue à Paris ! »)

Questions pour une Commissaire

Peut-être vous en souvenez-vous ? En avril dernier, Les Croqueuses de Paris étaient invitées à une visite privée de l’Exposition Guernica. Nous avions été conquises par les commentaires passionnants d’Emilia Philippot, l’une des commissaires de l’exposition. Après la visite, celle-ci a très gentiment accepté de répondre à quelques questions concernant son métier…

Interview d’Émilia Philippot

{ conservatrice au Musée Picasso et Commissaire de l’Exposition Guernica }

LCDP : Vous êtes à la fois conservatrice du musée et commissaire d’exposition. Pouvez-vous nous expliquer comment s’articulent ses deux fonctions ?

EP : En effet, j’exerce le métier de conservatrice au Musée Picasso et cette fonction consiste en 4 missions principales. D’abord, conserver la collection en bon état et faire les opérations de restauration nécessaires. Ensuite, l’enrichir en faisant des propositions d’acquisition. L’étudier, en développant la recherche à son sujet. Enfin, la diffuser auprès du public. Monter une exposition participe à cette dernière mission.

LCDP : Combien de temps en amont se prépare une exposition ? Et comment choisit-on les thèmes qu’elle abordera et les commissaires qui la monteront ?

EP : Pour travailler correctement sur une programmation, il faut compter deux ou trois ans. Au musée, nous avons des réunions de programmation régulières, où nous en discutons. Les thèmes s’imposent en fonction d’éventuelles découvertes de chercheurs, d’anniversaires – c’est le cas pour Guernica, dont nous fêtons les 80 ans – et d’alternance entre différents aspects de l’œuvre, en faisant un focus sur un média (les sculptures, par exemple) ou une période, ainsi qu’à travers des « dialogues » avec d’autres artistes (Calder ou Giacometti)… Quant au choix des commissaires, il se fait en fonction de leur expertise dans un domaine plutôt qu’un autre et de la charge de travail de chacun, étant donné que nous travaillons en même temps sur plusieurs expositions. En ce moment, nous préparons à la fois la future exposition « Picasso Bleu et Rose » programmée au Musée d’Orsay en automne et « Picasso et le papier » (dessins, estampes, livres) qui aura lieu à Londres en 2020. Sans compter le gros projet « Picasso Méditerranée » qui a commencé l’an dernier avec des colloques et de très nombreuses expositions à venir à Marseille, Arles, Nîmes, Venise, Rome, Naples… On pourrait dire que le Musée Picasso est un initiateur. Nous aidons par des prêts d’œuvres, par une structure qui va piloter l’ensemble, mais nous essayons surtout de relancer la recherche en nous associant avec différents partenaires.

LCDP : Parmi toutes les œuvres du musée, des sculptures aux peintures, en passant par les céramiques et les esquisses, quelle est celle que les visiteurs viennent voir en priorité ? En d’autres termes : quelle est La Joconde du Musée Picasso Paris ?

EP : Nous en avons plusieurs ! En effet, après une étude menée auprès du public, nous savons que les visiteurs viennent beaucoup pour voir l’Autoportrait de la période bleue et le portrait de Dora Maar – celui, justement, qui se trouve dans l’exposition. Ainsi que la Tête de taureau, sculpture formée d’une selle et d’un guidon de vélo, également dans l’exposition. D’un point de vue historique, nous avons aussi ici le premier collage de l’Histoire de l’Art (Nature morte à la chaise cannée) et les guitares en carton, premiers assemblages de Picasso.

LCDP : Est-ce qu’il y a un public qui ne vient pas au Musée Picasso et que vous aimeriez aller chercher ?

EP : Avant la fermeture du musée pour travaux de rénovation, le public qui ne venait pas était clairement le public local : les Parisiens en premier lieu, et les Français. On avait surtout une fréquentation touristique internationale qui venait voir les fameux chefs-d’œuvre de Picasso et maintenant, la tendance se renverse ou du moins on essaie de l’inverser en essayant de faire venir les Français et en premier lieu les Parisiens. Cela commence par des créneaux spécifiques pour les scolaires, de manière très régulière : la semaine, le musée ouvre plus tard dans la matinée pour que les classes puissent venir le matin, dans de bonnes conditions. Nous avons de nombreux partenariats , des projets pédagogiques, etc. Par ailleurs, la rénovation du musée a permis d’améliorer l’accessibilité du lieu aux personnes à mobilité réduite.

LCDP : Il y a actuellement 8 musées Picasso en Europe : d’autres ouvertures sont-elles encore envisageables et où ?

EP : Catherine Hutin, la fille de Jacqueline Roque, la dernière compagne de Picasso, a le projet d’ouvrir un musée à Aix-en-Provence, à l’Hôtel de Caumont, d’ici deux ou trois ans. D’une manière générale, les descendants de Picasso sont tous très investis dans la conservation et le rayonnement de l’œuvre… et cela reste donc assez européen. Cela dit, les musées américains possèdent de nombreux chefs-d’œuvre, dont certains seront à Orsay en automne – ne les ratez pas !

LCDP : Merci infiniment d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! Nous sommes sûres que nos lecteurs apprécieront… et répondront « présent » aux prochains rendez-vous avec Picasso ! N’est-ce pas ? ;-)