Le Paris de Julie

La semaine passée, pour notre tout premier rendez-vous de 2017, nous avions une invitée : Julie Auzillon. (Formule déjà inaugurée en octobre dernier, avec Patricia Allais-Rabeux au Jardin d’Acclimatation.) Cette fois, nous avions demandé à Julie de nous présenter un quartier où elle aime aller, à travers deux ou trois endroits qu’elle apprécie tout particulièrement. Elle n’a pas hésité longtemps et on la comprend : les trois adresses qu’elle nous a fait découvrir nous ont beaucoup plu !

Mais, au fait… qui est donc cette Julie Auzillon ? Une artiste, évidemment. Une relieuse d’art, spécialiste du papier. Regardez-la travailler :

Pourquoi l’avoir choisie, elle ? (Et comment la connaissions-nous ?) La réponse est facile : parce que des « bonnes adresses », Julie en a plein. Notamment concernant le papier, puisqu’elle a édité un guide… le Paris Paper Tour !

Et puis, Julie et Aurélie se sont connues pendant leurs études supérieures ; elles étaient ensemble à l’École Estienne. Depuis, Julie travaille pour des collectionneurs, différentes enseignes et boutiques de luxe (Vuitton, Calligrane…) et crée ses propres collections de papeterie. En 2015, elle reçoit le Prix de la Jeune Création Métiers d’Art et, en 2016, décroche la Bourse de Recherche en Reliure de Création, décernée par le Musée Royal de Mariemont (Belgique). Ses premières recherches l’ont menée au pays du papier washi, le Japon…

Hélas, le jour J, Julie fut privée de sortie par un vilain microbe ; c’est pourquoi vous ne la verrez ni sur les photos, ni sur la vidéo. Pourtant, de découverte en découverte, nous n’avons cessé de penser à elle toute la journée. Les Croqueuses la remercient vivement et l’invitent à se joindre à elles une prochaine fois, quand elle voudra. :-) D’autant qu’elle a bien voulu répondre (par écrit, du coup) à quelques unes de nos questions…

{ Interview }

Aurélie : Je sais que tu te prépares à te rendre au Brésil. Parle-nous un peu de l’objet de cette destination… Vas-tu en profiter pour éditer un troisième tome de ton guide, avec un « Rio Paper Tour » ?

– Oui, je pars très bientôt au Brésil, pour donner un stage de reliure à São Paulo. C’est fou d’imaginer que les images de mon travail ont voyagé jusque là-bas, et d’être invité à en parler et à l’enseigner. Merci Internet et les réseaux sociaux ! Je compte en effet prolonger l’aventure des Paper Tour et en réaliser beaucoup d’autres à l’occasion de mes prochains voyages. Malheureusement, il semble ne pas y avoir grand chose au Brésil ! Enfin, on verra, j’aurai peut-être des surprises…

Véronique : Ta précédente destination était le Japon, pourquoi ce choix ? Et était-ce comme tu l’avais imaginé ? Qu’est-ce qui t’a le plus surprise ?

– Je suis fascinée par cette culture, sans trop savoir pourquoi ni depuis quand. L’esthétique épurée, le rapport au temps, la valorisation de l’artisanat et de la tradition… C’est une source d’inspiration inépuisable pour moi. C’était comme je l’avais imaginé, oui. C’était comme voir tout ça « en vrai » ! Et ce qui m’a le plus surprise, c’est la propreté des rues et des transports en commun ! À côté de Paris, ça fait un choc…

Fabienne : Les carnets que tu crées se rapprochent parfois de la sculpture. Es-tu tentée de « délaisser » les livres et les carnets pour créer des sculptures ou d’autres objets ?

– J’avoue que je m’émancipe de temps en temps du contenu littéraire, pour créer des objets graphiques en deux ou trois dimensions. J’ai par exemple réalisé plusieurs objets hybrides, entre le livre et la sculpture. La reliure est un ensemble de gestes (couper, plier, coudre). À partir de là, tout est possible ! Je fabrique aussi mon propre papier, où je réalise les motifs lors de la fabrication, avec la pâte à papier elle-même. Au départ, je voulais utiliser ces feuilles pour mes reliures, mais je n’arrive pas à les découper ! Je les aime tellement comme ça, qu’elles sont finalement devenues des tableaux.

Anne : Julie, t’arrive-t-il de dessiner dans tes magnifiques carnets ?

– Oui, j’écris et je dessine dans mes carnets ! Quand je crée une nouvelle reliure, je fais beaucoup de croquis. J’utilise alors mes prototypes ou les modèles que je réalise quand je donne des cours. J’ai peu d’occasion de dessiner en dehors de ça, malheureusement. Il m’arrive aussi d’écrire dans mes carnets, pour garder une trace de mes « jours précieux », (« hare » en japonais)…

Merci, Julie !

Alors, où nous a-t-elle guidées ? Vous le saurez bientôt – ou le savez déjà sans doute si vous nous suivez sur Facebook, Twitter ou Instagram ! Au programme : une boutique, un restaurant et un musée. Le tout, entre les 11ème et 3ème arrondissements. @ suivre…

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