Une tarte à la Halle

Pour déjeuner à Montmartre, le café de la Halle Saint-Pierre (haut lieu de l’art brut/outsider/singulier) est idéal. Ses assiettes sont généreuses : une belle part de tarte, accompagnée de deux salades composées, vous coûtera 10€. Et pour 3 ou 4 de plus, le choix des desserts est… embarrassant ! Amandine aux framboises, crème citron meringuée, tartelette aux figues et pistache, ils sont tous assez tentants. Ajoutez un endroit spacieux, tranquille, où les yeux et l’esprit peuvent aussi se nourrir – à l’exposition ou la librairie. Qui dit mieux ?

Une fois nos batteries (et celles de nos crayons) 100% rechargées, nous reprenons la séance de croquis – en extérieur, cette fois.

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Paris, c’est coton !

Mais pas seulement  :-) car dans le quartier du Marché Saint-Pierre, on trouve toutes les matières textiles : de la suédine à la soie, du Bemberg au velboa, de l’uni aux imprimés – liberty, léopard ou rayé. Bref, ce matin, nous allons croquer dans un magasin.

Comment se glisser parmi les clients, où s’installer pour dessiner à l’aise sans gêner l’activité autour ? Plusieurs tactiques sont possibles. Nous avons d’abord pensé appeler pour prévenir et demander l’autorisation. Mais l’ambiance générale étant ce qu’elle est, nous avons craint de n’être pas comprises, de susciter la méfiance et de nous retrouver finalement dans l’impossibilité d’entrer. Nous avons donc préféré y aller au culot et voir venir les réactions…

Chacune de nous a opéré à sa façon. Véronique a opté pour la discrétion, dénichant un endroit tranquille au rayon des nappes à carreaux et autres toiles cirées rétro – personne à déranger ! Fabienne a craqué pour les Toiles de Jouy et la vue sur tout l’étage que celles-ci lui offraient. Polie, elle demanda la permission de dessiner au vendeur le plus proche, qui s’avéra être lui-même un toqué du crayon ! « Quand je n’ai pas de client, je dessine au dos de mon carnet de commande. Le magasin, je le connais par cœur et pourrais le croquer les yeux fermés. » Ses collègues vinrent, l’un après l’autre, jeter quelques coups d’œil histoire de surveiller l’avancée du dessin et la justesse de la perspective – coton, celle-là, pour le coup ! Quant à Aurélie, elle a débusqué le meilleur des plans : nous l’avons retrouvée au tout dernier étage, dans une ambiance douce et feutrée, assise sur le plus confortable des matelas, profitant d’une vue imprenable sur (les palmiers de la terrasse et) le Sacré-Cœur – sacrée Aurélie, oui !

Les Croqueuses remercient chaleureusement les vendeurs très aimables qui les ont accueillies et encouragent les mordus de couture à venir se fournir auprès d’eux – promis, on vous donnera des nouvelles du (futur) sac en Toile de Jouy de Fabienne.  ;-)

Et si vous n’êtes pas intéressés par les tissus, montez direct au 5ème étage : vue splendide garantie !

Paris, je t’aime ♥

Avant de commencer notre journée de Croqueuses, nous nous retrouvons au Métro Abbesses, dans un lieu poétique, devant le Mur des Je t’aime. En ces temps difficiles, qui n’a pas besoin d’amour ? Frédéric Baron présente son œuvre ainsi :

Dans un monde marqué par la violence, dominé par l’individualisme, les murs, comme les frontières, ont généralement pour fonction de diviser, de séparer les peuples, de se protéger de l’autre. Le mur des je t’aime est au contraire, un trait d’union, un lieu de réconciliation, un miroir qui renvoie une image d’amour et de paix.

Nous, nous déclarons notre flamme à Paris et aux Parisiens, d’un jour ou de toujours… et grimpons à Montmartre !