La Campagne est à Paris !

Après notre balade au cimetière, nous filons à « La Campagne » – et ça tombe bien, c’est tout près ! Suffit de sortir côté Place Gambetta, de descendre la rue Belgrand (du nom de l’inventeur des égouts de Paris) direction Porte de Bagnolet. Au bout, remonter la rue Géo Chavez (aventurier malheureux de l’aéronautique) sur quelques mètres : un escalier digne de ses cousins montmartrois s’offre à vos petits mollets. Allez, encore un effort, ce que vous allez découvrir là-haut vaut le coup.

Le quartier de « La Campagne à Paris » est située sur une ancienne carrière de gypse, comblée par les gravats des percées haussmaniennes. Sur l’impulsion du pasteur Sully Lombard, un lotissement coopératif de 92 pavillons y a poussé entre 1908 et 1928. Il s’agissait alors de permettre aux ménages à revenu modeste d’accéder à la propriété – mieux vaut ne pas penser au prix de ces maisons désormais…

Mais, puisque flâner le nez en l’air dans ces rues hors du temps ne coûte rien, ne boudons pas notre plaisir et sortons nos crayons. D’ailleurs, les riverains que nous y croiserons se montreront fort sympathiques à notre égard, l’une d’entre eux nous offrant même, sous ce soleil cuisant, chacune un verre de menthe à l’eau glacée ! Elle est pas belle, la vie de Croqueuse de Paris ?

Paris est un grand Cimetière

Inutile de vous présenter le Père-Lachaise, cimetière le plus célèbre de la capitale, n’est-ce pas ? Un jour de grosse chaleur comme aujourd’hui, c’est l’endroit idéal pour croquer à l’ombre ! Il faut dire qu’avec ses 5000 arbres (environ 50 espèces différentes) et ses 44 hectares, c’est aussi le plus grand espace vert de Paris. S’y perdre est un vrai bonheur.

Nous ne choisirons pas de dessiner les tombes des grands noms de notre littérature – La Fontaine, Molière, Balzac, Musset, Proust, Apollinaire, Colette ou Paul Éluard – pas plus que celles des stars de la chanson ou du cinéma – Georges Méliès, Édith Piaf, Gabin, Truffaut, Montand, Signoret, Moustaki, Bashung – ni même de talentueux playboys étrangers – Oscar Wilde et Jim Morrison. Non, juste une ou deux jolies perspectives, découvertes au hasard de la promenade.

Pourtant, il faudrait revenir. Car en hommage aux très nombreux peintres et dessinateurs enterrés ici – David, Ingres, Daumier, Delacroix, Géricault, Corot, Pissarro, Caillebotte, Seurat, Signac, Modigliani, Ernst, Laurencin… – nous pourrions aller croquer sur leurs tombes. (Sans oublier, bien sûr, celles de quelques grands noms de la gastronomie française – Carème, Brillat-Savarin ou Parmentier !)

À noter : au Père-Lachaise, il y a aussi des artistes vivants. :-)