Un Minaret à Paris

Prêts à partir au Maroc ? En Tunisie ? En passant par l’Andalousie ? (Tout cela, bien sûr, sans jamais quitter le 5ème arrondissement.) Alors, suivez Les Croqueuses de Paris à la Grande Mosquée

« Quand s’érigera, au-dessus des toits de la ville, le minaret que vous allez construire sur cette place, il ne montera vers le beau ciel nuancé de l’Île-de-France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

Extrait du discours officiel au lancement de la construction (1922)

VERT MENTHE

Pour commencer, nous avons rendez-vous à l’angle des rues Daubenton et Geoffroy-Saint-Hilaire. Avant de sortir crayons et carnets, nous allons d’abord nous asseoir dans la petite cour, juste à l’entrée du restaurant, autour d’un café ou d’un thé. À l’ouverture, il y a peu de monde. Chaises, tables et parasols attendent sagement les clients. La vitrine de pâtisseries, toutes plus appétissantes les unes que les autres, aussi. Deux des Croqueuses arrivent de Province : elles se sont levées aux aurores pour attraper un train et apprécient de débarquer dans ce havre de paix coloré, immédiatement dépaysant.

Véronique nous présente son amie Rosa Burdeos, l’artiste invitée du jour. Ancienne voisine – l’une à l’entrée A, l’autre à l’entrée C d’une petite cité de briques du 20ème – et marraine de sa fille cadette, elle est ici avant tout parce qu’elle dessine. Et grave, surtout. Des œuvres qu’elle expose régulièrement avec l’association Graver Maintenant. Elle enseigne également les Arts Plastiques à la Ville de Paris. Voilà ! Les présentations sont faites, les voyageuses reposées, les boissons bues et Abdelaziz, le garçon, nous offre son sourire pour un prochain lundi. Que demander de plus ? Les Croqueuses et leur invitée quittent le Salon de Thé pour aller croquer la Mosquée.

VERT OASIS

Construite quelques années après la fin de la Première Guerre mondiale dans un style hispano-mauresque, la Grande Mosquée de Paris semble prendre modèle sur celle de Fès, la prestigieuse et très ancienne Al Quaraouiyine… même si le minaret, haut de 33 mètres, évoque dit-on davantage la Zitouna de Tunis. Quant à la cour d’honneur et son jardin, absolument splendides, ils nous transportent en Andalousie. Les milliers de carreaux turquoises qui recouvrent le sol, dessinant les massifs, nous font croire au mirage d’un immense bassin d’eau claire. Bref, y pénétrer, c’est entrer dans une oasis. De fraîcheur, en été. De rêve de chaleur, en hiver. De verdure, dans la ville. De calme spirituel, dans l’agitation temporelle…

Vous lirez peut-être ici et là que la Grande Mosquée de Paris est la plus ancienne édifiée en France, mais c’est faux. D’ailleurs, si vous nous lisez attentivement, vous le savez déjà : la vraie première mosquée de Métropole fut construite ici, pendant la Première Guerre mondiale, près de l’hôpital militaire qui soignait les soldats blessés des troupes coloniales. Mais ne chipotons pas : la Grande Mosquée reste bien, en effet, la plus ancienne encore en activité. Si l’histoire de ce lieu remarquable – à la fois par sa beauté, sa vocation culturelle autant que religieuse et les enjeux politiques avec lesquels il compose depuis presque un siècle – vous intéresse, nous vous recommandons vivement cet article (Le Monde des Religions) et ce reportage (Arte), tous deux passionnants. À compléter éventuellement par la lecture du n°4315 de la revue L’Illustration, paru pendant la construction de l’édifice, en 1925.

VERT CROQUIS

Hélas, le temps passe… même dans une oasis ! Allez, Les Croqueuses, trêve de flânerie au « Jardin des Délices » : il est l’heure de choisir le meilleur point de vue, de s’y asseoir, de sortir ses affaires et de se lancer. Après avoir tout visité, les Croqueuses et leur invitée resteront dans la cour d’honneur. Les unes près de la porte monumentale donnant sur le patio, les autres sous les colonnes, le nez dans la glycine… Quel parfum délicat, quelles conditions idéales pour dessiner !

D’ailleurs, nous ne nous en lassons pas ! Véronique y est retournée la semaine dernière accompagnée d’une stagiaire débutante, qui souhaitait une journée entière d’initiation au carnet de voyage. Si dessiner sur place en bénéficiant des conseils de l’une d’entre nous vous intéresse, restez connectés : Aurélie vous a négocié quelque chose de plutôt sympathique… @ suivre ;-)

{ Infos Pratiques }

La Grande Mosquée de Paris se situe au n°2 bis de la place du Puits-de-l’Ermite, Paris 5ème. Métro Place Monge. Elle est ouverte aux visiteurs (3€ l’entrée, 2 à partir de 10 personnes) tous les jours sauf le vendredi de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 19h00 (l’été) / 18h00 (l’hiver). Renseignements au 01 45 35 78 17.

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Bravo à nos gagnantes !

Chers visiteurs, @mis et @bonnés chéris,

merci ! Une fois de plus, vous avez été nombreux à jouer avec nous et, ce que l’on apprécie par dessus tout, à prendre le temps de regarder nos vidéos, de les comparer, d’en choisir une et d’expliquer pourquoi celle-ci vous plait plus que les autres. Oui, du fond du cœur, Les Croqueuses vous adressent un très grand merci. ♥

Comme promis, les tirages ont eu lieu après 21 heures : vous pouvez y assister ici et ! Cette année, les gagnants sont des gagnantes. Il s’agit de Priya (qui préférait la vidéo du No Mad Festival pour de jolies raisons) et de Fabienne (à qui La Maison de Thé rappelait de beaux souvenirs). D‘autres gagnantes – décidément ! – ont été tirées au sort sur notre page Facebook.

Mais, au fait… qu’ont-elles gagné ? Les unes (qui vivent loin de Paris) vont pouvoir choisir un original chacune dans notre boutique Etsy et les autres (parisiennes) passer une excellente soirée au Théâtre des Mathurins en allant voir La Tour de 300 mètres avec la personne de leur choix : bravo à toutes !

Jouez avec les Croqueuses !

Chers visiteurs, @mis et @bonnés chéris,

vous vous rappelez ? En 2018, comme en 2017, nous vous avions proposé un jeu, avec de jolis lots à gagner, et vous aviez été très nombreux à participer ! 2019 est bien avancée… êtes-vous prêts à (re)tenter votre chance ?

Comme les années précédentes, pour jouer, il vous suffit d’élire votre vidéo préférée parmi les 4 proposées ci-dessous… en nous disant pourquoi. (Eh oui, nous sommes curieuses, vous savez bien !) Laissez-nous un commentaire sous cet article – ou directement sous la vidéo choisie, sur YouTube, si vous avez un compte. Dans ce cas, profitez-en pour vous abonner à notre chaîne et être ainsi avertis en temps réel de chaque nouvelle vidéo mise en ligne !

Comme chaque année, les gagnants seront tirés au sort. (Et comme chaque année nous filmerons ce grand moment de suspense !) À noter que vous avez deux chances de gagner : la première ici, la seconde sur notre page Facebook.

Mais, au fait… deux chances de gagner quoi ?

Tadaaam ! Les Croqueuses de Paris sont très fières de mettre en jeu pour vous, cette année, deux lots de 2 places de spectacle ! En effet, les deux gagnants (blog et Facebook) se verront offrir 2 places chacun pour une représentation de La Tour de 300 mètres (un Musical consacré à l’histoire de la Tour Eiffel) à l’affiche du Théâtre des Mathurins jusqu’au 29 juin.

MAIS si vous ne pouvez pas vous libérer d’ici la fin du mois pour y assister, précisez-le dans votre commentaire : vous jouez alors pour un original à choisir dans notre boutique Etsy ! Elle est pas belle, la vie ?

Bon, cette fois, vous savez tout… et vous avez jusqu’à mercredi soir prochain (12 juin, 21 h) pour nous parler de votre vidéo préférée : à vous de jouer !

N°1 La Maison de Thé

N°2 Le Jardin d’Agronomie Tropicale

N°3 L’île Nancy (78)

N°4 Le No Mad Festival (95)

Bonne chance @ tous !

Une chapelle sur la Seine

Cette fois, ça y est, le (vrai) printemps est là et Les Croqueuses se sont retrouvées, toutes les quatre, pour leur premier (vrai) rendez-vous de l’année ! D’ailleurs, nous étions plus qu’au complet, puisqu’une invitée nous accompagnait. Mais, en attendant de vous raconter tout cela dans nos prochains articles, nous vous proposons une visite insolite, sur la Seine et en banlieue…

Connaissez-vous Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines ? En transilien (ligne J) on y est en 30 minutes à peine depuis Saint-Lazare. Et savez-vous que, chaque 3ème week-end de juin depuis 1960, la « Capitale de la Batellerie » démarre l’été en fanfare en célébrant son « Grand Pardon » ? Eh bien, l’année dernière, à la veille de ces festivités, nous sommes montées sur une péniche « pas comme les autres » et nous l’avons croquée.

Amarrée quai de la République, celle-ci ne transporte plus de charbon comme à l’origine : rebaptisée Je Sers et consacrée à Saint-Nicolas, elle est devenue le « bateau-chapelle » des bateliers de Conflans. Destiné à l’entraide au sein de cette communauté, le Je Sers s’est progressivement diversifié en portant assistance aux personnes en difficulté, quelle que soit leur provenance. Depuis 2014, des réfugiés tibétains y sont accueillis par La Pierre Blanche – une association que Les Croqueuses croiseront le lendemain au No Mad Festival, à Pontoise.

En ce vendredi après-midi, veille de « Pardon National », on s’active à mille préparatifs sur les quais. Nous nous engouffrons volontiers dans le ventre du bateau, à l’abri de l’agitation et des essais micro. Silencieux, chaleureux, apaisant… l’endroit est tout simplement accueillant. L’habillage en bois y est pour beaucoup, côté chapelle comme côté foyer. Vous le verrez sur les photos, de nombreux éléments relatifs à la batellerie signent l’appartenance du lieu à sa communauté, lui donnant un caractère unique. Mais on y trouve aussi tous les attributs symboliques et architecturaux d’une église – nef, chœur, abside, vitraux, statuaires et mobilier… dont une partie réalisée par Paul Croixmarie, sculpteur à l’origine d’un certain renouveau de l’Art Sacré dans les années 20.

Après une sortie au grand air sur l’île Nancy – non sans quelques pitreries… – le calme du bateau-chapelle nous fait le plus grand bien. Sur la pointe des pieds, chaque Croqueuse circule avant de choisir son angle d’attaque. Aurélie se chargera de Jésus et Anne de la Vierge Marie. Fabienne croquera le chœur et Véronique une vue d’ensemble – ses trois camarades comprises – depuis l’entrée.

Au fur et à mesure que les dessins avancent, la nef se remplit pour la messe. Bientôt le prêtre entre en scène – en Seine ? Les Croqueuses restent encore un peu, bercées par les chants religieux, avant de fermer leurs carnets pour retourner dehors, sous le soleil et les guirlandes multicolores : place à la fête et vive le « Grand Pardon » de Conflans ! 

Notre-Dame croquée depuis Paris-Plages (août 2018)

Notre-Dame sur Instagram

Rien que pour vous, chers visiteurs qui lisez ici nos articles mais n’avez peut-être pas (encore ?) Instagram pour y suivre nos publications plus régulières, un petit rattrapage au sujet de Notre-Dame…

À noter que ce dessin a beaucoup circulé sur le Net et les réseaux, parfois sans même que son autrice soit citée/taguée/créditée par les internautes. Heureusement, ce ne fut pas le cas de l’article du Figaro. Bravo miss Aurélie !

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😢 { Triste nouvelle } 💔 Repost #croquis 📸✏ de notre Croqueuse Aurélie @missglobecroqueuse, qui a suscité beaucoup d'émotion sur les réseaux avec cette #illustration témoignant de sa tristesse et de son espoir. Nous sommes si tristes… Et très reconnaissantes envers les @pompiers_paris d'avoir sauvé la structure et les splendides rosaces. Ils ont fait un travail formidable. ⛑🙏🏻 Maintenant, reste à la reconstruire et reconstruire nos coeurs, même si elle ne sera plus jamais la même. 💔😭 PS : si vous souhaitez partager ce #dessin, n'oubliez pas de mentionner/taguer @missglobecroqueuse. 😘🙏🏻. Merci à vous. Haut les coeurs les Crocoeurs. 💔😚 . . . . #parislovers #lescroqueusesdeparis #dessindepresse #drawingforparis #notredameenfeu #notredamedeparis #tristesse #notredameincendie #toureiffel #illustratrice #notredrame #newsparis #prayforparis #prayfornotredame #jesuisnotredame

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Dessinons, découpons ! { Musée Rodin }

Paris, février 2019 : le soleil brille et la température bat des records. Un petit air de printemps flotte dans les rues de la capitale, avec plusieurs mois d’avance – et son pic de pollution assorti, hélas ! Bien que Les Croqueuses de Paris n’aient pas planifié de sortie à quatre ce mois-ci, l’occasion est trop belle d’en improviser une en petit comité !

Voilà donc nos deux Franciliennes, Véronique et Aurélie, écourtant leur hibernation de Croqueuses pour sauter dans le métro jusqu’au Musée Rodin. Les jardins y sont splendides et l’exposition en cours les intrigue. Il y est question de dessin et de découpage – deux de leurs activités favorites, notamment dans leurs carnets. Comment les pratiquait Rodin, le sculpteur à l’œuvre si puissante, monumentale ? Allons voir cela de plus près…

Nous ne sommes pas déçues. L’exposition « Dessiner, découper » (prolongée jusqu’au 7 avril !) est tout simplement magnifique. Elle touche à l’intime du travail de Rodin, loin en amont de son aboutissement. Ces œuvres-là, préparatoires, n’avaient jamais été montrées – pas plus que mentionnées ou commentées, ni par aucun critique ni par l’artiste lui-même. Ces séries de silhouettes, juste évoquées d’un trait de crayon délié, rapidement aquarellées puis découpées pour être disposées ensemble (ou pas) nous donnent le sentiment de remonter le geste créateur jusqu’à la source, jusqu’à l’idée : aussi passionnant qu’émouvant. Mais, jugez vous-mêmes…

Après cette visite immergée dans la lumière douce qu’imposent les conditions de conservation du papier, nous ressortons dans le jardin. Le ciel est toujours aussi bleu, magnifiant la coupole dorée des Invalides, les corolles jaunes des jonquilles et les façades claires du musée – un écrin parfait pour les bronzes, ces corps noueux aux reflets ombrageux… C’est celui du Penseur qui, finalement, aura les faveurs de nos crayons parfois encore un peu engourdis par l’hibernation ! ;)

Merci au printemps pour cette avant-première fort prometteuse… et au Musée Rodin pour les trésors délicatement dévoilés. Depuis, les giboulées ont déboulé, les degrés ont dégringolé et Les Croqueuses sont rentrées finir l’hiver à l’abri. Rendez-vous à la prochaine éclaircie !

PS : et, en attendant, n’hésitez pas à suivre ou refaire nos visites d’expositions en story sur Instagram – rubrique Art.

{ Infos Pratiques }

Le musée se trouve au 77 rue de Varenne, dans le 7ème arrondissement – métro Varenne (ligne 13) ou Invalides (ligne 8, RER C). Il est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10h00 à 17h45.

Un Dim Sum à Paris

C’est un lieu étonnant, dont on ne soupçonne pas l’existence depuis la rue – d’autant que la rue n’en est pas vraiment une, puisqu’il s’agit d’une place. La Maison de Thé que nous allons visiter se cache, en effet, derrière la façade et les (superbes) bureaux d’une agence de voyage, sur la (très chic) place Saint-Sulpice, dans le 6ème arrondissement.

LE PREMIER PAS

C’est à Lao Tseu que l’on prête cette sagesse : « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » Si vous souhaitez partir en Chine, votre premier pas peut se faire ici. Côté pratique, tout est là pour concevoir votre voyage – de beaux catalogues qui font rêver et des agents qui vous attendent, prêts à répondre à vos demandes.

Mais côté « voyage immobile » aussi ! Ce bel endroit, dont les proportions généreuses révèlent un passé d’ancien cinéma, vous accueillera le temps d’une pause et vous dégusterez, tranquille, un Oolong parfumé en feuilletant des livres d’art… Car, oui, en plus d’être une boutique – où l’on peut acheter d’excellents thés en vrac, de la vaisselle, de la papeterie et des foulards en soie – c’est également une galerie ! Des événements culturels y ont lieu régulièrement. Conférences, expositions ou ateliers : la programmation est très riche.

LES PREMIERS PLATS

Côté plus « gourmand » du voyage, tel que toute Croqueuse qui se respecte l’entend… Yum yum! Il faut dire que nous avons été chouchoutées par l’équipe, dont nous étions les invitées pour la seconde fois. Mais, du crayon à la baguette et du carnet à l’assiette, comment savoir où donner de la tête ? Nous avons procédé par ordre : dessins d’abord, dim sum ensuite ! Croquis, puis mochis !

Tous les midis de la semaine, La Maison de Thé devient restaurant. Le samedi, elle propose un brunch également. Ce jeudi-là, au menu des Croqueuses : salade chinoise sauce cacahuètes, soupe tom kha au lait de coco et citronnelle, nouilles de riz « spicy » et… dim sum en folie, bien sûr ! Ces petites bouchées, le plus souvent cuites à la vapeur (mais pas seulement) sont semble-t-il une spécialité du Sud-Est de la Chine (Canton, Hong-Kong…) et tout spécialement le fait qu’on les serve, salées ou sucrées, dans les cha lau – littéralement « établissement de thé ». Sur nos photos, hélas, vous ne les verrez presque pas : nous les avons mangés trop vite ! En revanche, nous vous les montrons dans la vidéo.

Ceux que vous goûterez à La Maison de Thé des Maisons du Voyage sont signés YOOM. Véronique aime la variété des saveurs de ces différents dim sum. (C’est un peu le principe des tapas espagnols ou du mezzé libanais !) Et la soupe tom kha lui a beaucoup plu – rien d’étonnant quand on sait qu’elle raffole de la cuisine du Sud-Est asiatique. Anne, qui a peu l’habitude de manger chinois, a pris un grand plaisir au dépaysement de ses papilles. Quant à Fabienne et Aurélie, nos deux « becs sucrés » de service, elles ont complètement craqué sur les desserts… « Mention spéciale pour le mochi cœur coulant praliné, une tuerie ! » me souffle-t-on dans l’oreillette !

NOËL CHINOIS !

Vous le savez peut-être si vous nous suivez : chaque année, Les Croqueuses de Paris s’offrent un déjeuner de Noël. En 2016, nous avons trinqué à la Brasserie Printemps. Et l’an dernier, au Bouillon Chartier. Cette fois, notre repas de fête fut donc délicieusement chinois. Les cadeaux ont été échangés – les vœux, les bises et les fous rires avec ! C’est pourquoi il est temps d’adresser un grand MERCI à tous : d’abord à Marie-Hélène pour son accueil et sa générosité, à ses deux collègues pour leur patience, à nos voisines de tables pour leurs compliments, à Mams et Tenzin pour leurs sourires en cuisine et à notre chère consœur Anne Steilein pour sa visite pleine de bonne humeur !

Enfin, après Noël arrive le Nouvel An. Trop tard ? Déjà passé ? Certes, mais… une deuxième chance de faire la fête s’offre à vous puisque le Nouvel An chinois commence le 5 février prochain. Bon, attention au « coup de vieux » : nous entrerons alors dans l’année 4717, placée sous le signe du « cochon de terre » ! Et sachez qu’à Paris, de nombreuses festivités vous attendent…

新年快乐 ! Bonne année !

{ Infos Pratiques }

La Maison de Thé est au n°76 de la rue Bonaparte, Paris 6ème. Métro Saint-Sulpice. Elle est ouverte tous les jours sauf le dimanche de 10h00 à 19h00. Réservations au 01 40 51 95 17.

Un Bouillon à Paris

L’année dernière, pour leur traditionnel repas de Noël entre copines, Les Croqueuses de Paris cherchaient l’endroit idéal. Étant données nos exigences et celles de nos porte-monnaie, le restaurant devait réunir trois qualités essentielles : typiquement parisien, chaleureux et bon marché… La veille encore, les recherches allaient bon train quand Véronique eut une illumination soudaine ! « Et si on allait chez Chartier ? »

TOUS AU BOUILLON !

Fabienne connaissait déjà, mais pas Aurélie ni Anne. Ce déjeuner serait donc l’occasion de leur faire découvrir ce haut lieu de parisianisme populaire. Car des bouillons, au début du XXème siècle, il y en avait plus de 250 dans la capitale ! Les ouvriers, les petits employés, les forts des Halles s’y nourrissaient chaque jour.

Le père de Véronique l’y emmenait, petite. C’est lui qui disait « chez Chartier » mais en réalité, ils en fréquentaient plusieurs, tous dans le même style à la fois simple et Belle Époque. Notre Croqueuse se souvient surtout de deux d’entre eux. Le premier, qui se situait à l’étage d’un immeuble rue de Richelieu, semble avoir fermé. Le second, rue du Commerce dans le 15ème arrondissement, existe encore :  il s’est modernisé – embourgeoisé aussi sans doute…

Celui-ci, le vrai Bouillon Chartier, reste authentique, avec son potage de légumes à 1€ ou ses desserts tous entre 2,60 et 4€ – dont les fameux chou et baba au rhum couverts de Chantilly qui feront craquer (et croquer) Aurélie et Fabienne !

UNE INSTITUTION

Mais d’abord, il faut s’ouvrir l’appétit : nous nous offrons une longue balade à travers le dédale des passages couverts. Le quartier en est plein et c’est toujours un grand bonheur de les parcourir en décembre, quand ils se préparent pour les fêtes et se parent de guirlandes.

Quelques minutes avant l’ouverture, Les Croqueuses rejoignent la file d’attente qui s’est déjà formée dans la cour, devant l’entrée du restaurant… Que dis-je ? De cette institution, fondée par les deux frères Chartier en 1896 ! Il y a la queue, oui. Car les 325 places assises de l’immense salle – une ancienne cour intérieure couverte par une verrière et aujourd’hui classée « Monuments Historiques » – sont fort courues aux heures de pointe !

Lorsque les portes s’ouvrent, nous faisons en sorte d’être placées au fond afin d’avoir une belle vue. Sympa, la perspective et les miroirs immenses tout autour de la salle ! C’est ainsi que Max deviendra « notre » serveur : vif, souriant, sympathique, efficace… celui-ci nous mettra tellement à l’aise que nous resterons assises à cette même table cinq heures durant – oui oui, vous avez bien lu ! Le temps de tout bien croquer, tranquilles, à tous les sens du terme.

DES CONVERSATIONS

Et puis, comme souvent à Paris – si si, détrompez-vous ! – dans ce genre d’endroit convivial, la conversation s’engage entre voisins de table..

La dame placée à la gauche de Véronique, s’apercevant qu’elle figure en gros plan sur son dessin, lui confie son prénom et la raison de sa présence ici aujourd’hui : Sophie est venue, avec son mari, parce que c’est son anniversaire et qu’elle adore ce restaurant. C’est un déjeuner de fête, mais en toute discrétion, sans bougie ni gâteau, juste comme ça – un petit rituel de « vieux » Parisiens.

De l’autre côté de l’allée, on célèbre autre chose. Le costume d’un des clients nous intrigue beaucoup, avec son gilet noir, ses bas blancs, son jabot et ses manches en dentelles. Serait-ce un comédien ? Travaille-t-il au Musée Grévin, situé juste à côté ? Eh bien, pas du tout : il s’agit d’un Notaire qui vient de prêter serment !

L’après-midi a passé vite, dans cette atmosphère si particulière… un pur bonheur. Max aura bientôt fini son service et la relève est arrivée : sa collègue (et amie) Virginie vient d’enfiler son grand tablier. L’addition griffonnée sur la nappe, nous leur offrons en guise de pourboire nos petits cadeaux de Noël (cartes postales et badges) et promettons de revenir. Leurs deux beaux sourires nous font très plaisirs. Depuis, Aurélie a tenu promesse – pas moins de quatre fois ! – y amenant moult copines et famille de passage, tous conquis par l’ambiance, le ballet des serveurs, le décor et le rapport qualité-prix.

Alors… et vous qui nous lisez, irez-vous à votre tour ? Si oui, soyez choux, saluez Max ou Virginie pour nous !

{ Infos Pratiques }

Le Bouillon Chartier est au n°7 de la rue du Faubourg Montmartre, Paris 9ème. Métro Grands Boulevards. Il est ou­vert tous les jours de 11h30 à minuit. (Pas de réservation.)

 

Paris est un Jardin tropical

Sans doute connaissez-vous le Bois de Vincennes – l’autre poumon vert de Paris, le pendant du Bois de Boulogne côté Est de la capitale. On y va pour le Zoo, le Parc Floral ou encore l’Hippodrome… mais savez-vous qu’on peut aussi s’y perdre dans une petite « jungle » où d’anciens pavillons exotiques semblent s’être peu à peu figés sous la mousse ? Venez, nous allons visiter le Jardin d’Agronomie Tropicale de Paris.

DUR PASSÉ

Lieu de promenade ouvert à tous à la pointe la plus orientale du Bois, l’endroit porte la marque d’une histoire plutôt lourde – un passé en forme de passif… Créé à la fin du XIXe siècle pour étudier les plantes cultivables Outre-mer, le jardin fut en effet choisi en 1907 pour accueillir la première Exposition coloniale organisée à Paris.

On le divise alors en deux parties principales, africaine et asiatique, de part et d’autre de l’allée centrale. Des pavillons sont construits qui demeurent aujourd’hui, parfois en très mauvais état ; d’autres ont été détruits. Des villages traditionnels congolais, indochinois, malgache et kanak y sont reconstitués, ainsi qu’une ferme soudanaise et un campement touareg. Des « autochtones » y tiennent leur propre rôle pour le public français en quête d’exotisme. On n’est pas loin du « zoo humain »… Et c’est un gros succès : de mai à octobre, deux millions de visiteurs viendront voir à quoi ressemble la vie « aux colonies ». D’ailleurs, l’idée n’est pas seulement d’en montrer un aperçu, mais bien de faire envie. Car à l’époque, on manque de cadres administratifs et l’État espère, par cette opération, recruter des volontaires pour partir s’installer là-bas.

Quelques éléments sont antérieurs à 1907. Ainsi les serres des deux marques de chocolat et de café Menier et Hamel furent-elles remontées au Jardin d’agronomie tropicale à l’issue de l’Exposition universelle de 1900. Tout comme le fut la porte chinoise en bois rouge après l’Exposition universelle de 1906, où elle était exposée sous la verrière du Grand Palais. D’autres monuments, notamment mémoriels, sont au contraire plus récents – par exemple, le stûpa dédié aux soldats cambodgiens et laotiens morts pour la France. Car le lieu porte aussi l’empreinte de la Première guerre mondiale, durant laquelle fut installé l’hôpital des troupes coloniales et construite la toute première mosquée de France métropolitaine… Si le sujet vous intéresse, nous vous conseillons ce superbe documentaire signé Françoise Poulin Jacob.

VERT L’AVENIR

Mais ce lieu de mémoire, hanté par la guerre et la colonisation, porte aussi le beau nom de René Dumont, premier penseur français de l’écologie politique. Et on y travaille à l’avenir, avec les CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement) et CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement)…

Mais le présent est bien là, lui aussi. Grâce, notamment, à l‘association V’île Fertile. Ses ambitions sont plus locales : micro-ferme maraîchère associative, elle produit des légumes frais, sains et décarbonés, en tirant partie des ressources organiques de la ville pour les vendre au détail, sur place.

Vous le savez, Les Croqueuses vivent au présent elles aussi, bien décidées à profiter de ces instants d’amitié partagée – crayons, pinceaux et carnets à la main. Alors, ce matin-là, nous avons traversé le Bois de Vincennes ensemble, croisé les oies bernaches et la police montée, poussé la petite porte verte du Jardin d’Agronomie Tropicale et nous sommes laissées avaler par cette fausse « jungle » pleine de fantômes et de jolies surprises…

CARPE DIEM

Qui penserait voir, ici, à Paris, des couples de perroquets verts s’envoler de branches en branches ? Alors que nous traversons le jardin en quête d’un endroit propice au dessin, notre Croqueuse Véronique soudain s’arrête et nous montrent les feuillages, surexcitée. « Promis, je vous jure, c’était des perroquets verts ! Je les ai reconnus, j’en ai vus l’année dernière au Sri Lanka ! » Hum. Les trois autres Croqueuses, il faut l’avouer, restent songeuses. Voire perplexes. Il fait très chaud – et lourd, et moite – ce jour-là. Elles n’osent pas proposer à Véronique de se tenir à l’ombre et de boire un peu d’eau fraîche… quand tout-à-coup, un bruissement dans les arbres attire l’attention d’Aurélie. « Je les ai vus aussi ! C’est dingue ! Ils sont magnifiques ! » Ouf, Véronique se sent moins seule.

Quelques pas plus loin, l’endroit propice est trouvé. L’esplanade du Dinh vietnamien nous accueille avec son joli mur de briques et son urne funéraire en bronze, semblable paraît-il à celles du Palais Impérial de Hué. En face, une pagode rouge, qui tranche avec le vert vif des bambous. Et au milieu, un escalier flanqué de deux gros dragons pas commodes. Voilà, on y est. L’inspiration est là. On s’assoit et on croque, dans une quiétude tropicale intense, jusqu’à totale inanition… sans oublier de faire, évidemment, quelques pitreries pour la galerie !

{ Infos Pratiques }

Le Jardin d’Agronomie Tropicale est au n°45 bis de l’avenue de la Belle-Gabrielle, Paris 12ème. RER Nogent sur Marne (ligne A – direction Boissy-Saint-Léger / La Varenne) puis 10 minutes à pied. Il est ou­vert tous les jours à partir de 9h30 ; l’heure de fermeture dépend des saisons…

Exposition Chefs-d’œuvre ! { Musée Picasso }

Courant novembre, Les Croqueuses de Paris étaient invitées par le Musée Picasso à l’exposition Chefs-d’œuvre ! Comme pour Guernica, Aurélie et Véronique ont aussitôt répondu présent : la première lors d’une soirée privée avec la commissaire, la seconde en allant y « croquer » au milieu du public.

Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? Comment le reconnaît-on ? Est-ce une révélation unique et immédiate ou cela se construit-il en plusieurs étapes, au fil du temps ? C’est cette énigme passionnante – posée comme en prolongement de l’exposition précédente sur le « cas Guernica » – que ce tout nouvel accrochage nous invite à (tenter de) résoudre.

Évidemment, pour Picasso, la question se pose d’autant plus que son œuvre est prolifique – certains n’ont pas manqué de le lui reprocher, d’ailleurs ! – et qu’il a pratiqué de très nombreuses techniques : peinture et dessin bien sûr, mais aussi gravure et sculpture.  (Et quelle grâce, quelle émotion, ses petits papiers déchirés, si fragiles et légers…) La quête d’une réponse est donc pour le visiteur l’occasion de revoir ou de découvrir différents aspects de cette œuvre exceptionnelle, multiple et généreuse, témoignant d’une vie entière de recherche consacrée à la création – peut-être son ultime chef-d’œuvre ?

Au cours de sa visite, Aurélie croquera des visages – notamment celui de Dora Maar, d’après le portrait qu’elle adore – tandis qu’Esmeralda posera sagement devant Véronique… Cette dernière ira ensuite, à l’étage, admirer la superbe collection personnelle de Picasso : des choix qui éclairent bien évidemment son œuvre !

Véronique testera aussi la terrasse du café, très agréable sous ce doux soleil de novembre. Puis, en sortant, elle poussera la porte de la boutique du musée, située sur le trottoir d’en face, et sera très heureuse (et fière !) d’y trouver son album Les Trois Musiciens en deux versions, française et anglaise – classe, non ? ;-)

Encore un grand merci au Musée Picasso pour sa fidélité : d’exposition en exposition, Les Croqueuses redécouvrent sans cesse le travail de ce grand artiste sous de nouveaux jours, passionnants… Chers lecteurs, n’hésitez pas à faire de même !

Un Musée à Montmartre

De toutes Les Croqueuses, seule Anne – la plus provinciale d’entre nous, n’ayant jamais habité à Paris – était déjà venue au Musée de Montmartre. L’erreur fut réparée en septembre, avec bonheur. Renoir, Bernard, Dufy, Camoin, Valadon, Utrillo… tous ont séjourné ou vécu ici. Et y ont travaillé. En matière de beaux lieux, les artistes se trompent rarement !

LES JARDINS

Oui, on peut employer le pluriel, car l’espace extérieur du musée se partage en plusieurs lieux distincts. Depuis la rue Cortot, on ne devine pas que tout ce vert est caché derrière la façade. Ces jardins sont reliés entre eux par différents passages – longue allée couverte de roses et de coings, portes ouvertes dans de vieux murs ou volées d’escaliers plongeant dans la verdure. Le plus vaste accueille, autour des nénuphars, les tables du Café Renoir. C’est là, dans ce jardin, qu’a été peint La balançoire. Plus bas, la vue embrasse généreusement le quartier, les vignes du Clos Montmartre et le Lapin Agile. On aperçoit le cimetière Saint-Vincent – où sont enterrés les peintres Utrillo et Boudin, les affichistes Steinlen et Chéret, les écrivains Roland Dorgelès et Marcel Aymé, ainsi que Marcel Carné.

Il fait si bon dehors, deux des Croqueuses s’y installent pour dessiner. Anne croque la façade arrière du musée ; Fabienne, l’atelier de Suzanne vu depuis la terrasse du café. Véronique poursuit la visite…

LE MUSÉE

C’est la Société d’Histoire et d’Archéologie Le Vieux Montmartre, créée en 1886, qui peu à peu a constitué un fonds d’œuvres très important – peintures, sculptures, affiches, dessins, lithographies, photographies… L’ensemble raconte, de manière assez vivante, l’histoire de ce quartier emblématique. Populaire, créatif, révolté. En un mot, bouillonnant !

L’évocation des danseuses de cancan et celle du café, avec son superbe zinc, sont particulièrement réussies. Celle du cabaret Le Chat Noir aussi. On y découvre une pure merveille : douze décors du fameux théâtre d’ombres d’Henri Rivière – dont Véronique est une grande admiratrice. Créé en 1960, le musée fut repensé en 2011 sous la houlette de la société Kleber-Rossillon, globalement plus spécialisée dans les parcs et les châteaux médiévaux. Le résultat est vraiment séduisant, sans tape-à-l’œil attrape-touristes. Pardon, mais… à Montmartre, tout Parisien se méfie !

CHEZ SUZANNE ET MAURICE

La reconstitution de l’atelier-appartement que Suzanne Valadon partageait avec son fils, Maurice Utrillo, est à ce titre exemplaire. Confiée à Hubert Le Gall, elle nous emmène doucement dans une autre époque. Dans une intimité simplement évoquée. Dès l’entrée, les Croqueuses avançaient sur la pointe des pieds comme si Suzanne, remontant soudain l’escalier, allait nous surprendre chez elle. Après avoir (un peu) hésité avec le beau zinc du musée, Véronique choisira de dessiner l’atelier. Pour l’espace, pour la lumière… et surtout l’émotion.

Y serez-vous sensibles, vous aussi ? Venez, si vous le pouvez, un matin de semaine et prenez le temps d’y flâner. Le portable éteint au fond du sac, laissez-vous séduire par l’atmosphère, si particulière, du Montmartre de 1900. Petit conseil de Croqueuses : en Métro, prenez la ligne 12 et descendez à Lamarck-Caulaincourt. Vous éviterez le plus gros des troupes de touristes et profiterez de jolies rues, moins fréquentées qu’autour de la place du Tertre. (De rien !)

{ Infos Pratiques }

Le Musée de Montmartre est au n°12 de la rue Cortot, Paris 18ème. Métro Lamarck-Caulaincourt ou Anvers (puis funiculaire de Montmartre). Il est ou­vert tous les jours de 10h à 19h d’avril à septembre et de 10h à 18h d’octobre à mars.

Le Café Renoir, lui, vous accueille du mercredi au dimanche de 12h15 à 17h d’octobre à avril. Mais à partir du 1er mai, il est ouvert tous les jours de 12h15 à 18h.

À Paris comme à Mexico

Ce midi, Les Croqueuses vous emmènent au Mexique ! Pas le temps ? Pas les sous ? Mais si ! Nous n’irons pas plus loin que la rue Dante, dans le 5ème arrondissement et Mexi & Co fait partie des « petites tables » à 10,00 € – dépaysement compris. Vous allez adorer !

Une fois n’est pas coutume, l’article sera court. Les images parlent d’elles-mêmes, non ? Couleurs vives et chatoyantes, fresques naïves signées Julian Burgos, guirlandes, guitare et paniers pendus au plafond, fleurs fraîches et vaisselle de récup’, quesadilla et burritos, épicerie et restaurant… Voilà, c’est ça, Mexi & Co !

Carmen se démène en cuisine – tout est fait maison ici, même les chips de maïs – et sert aussi vite qu’elle le peut, sans se prendre la tête. Depuis le temps, pas la peine de se mettre la rate au court-bouillon ! Ce restaurant a fait ses preuves et fêtera ses 30 ans l’an prochain. C’est une belle aventure qui dure. Avec le même propriétaire colombien et une autre enseigne, quasi jumelle, à quelques pas : El Sol y la Luna. Tranquille, quoi. D’ailleurs, quand le coup de feu est passé, Carmen se pose un peu. Elle remonte le volume de la musique (assortie au décor) et nous laisse carte blanche pour dessiner… jusqu’au soir si on veut. ¡ Gracias y viva Mexi & Co !

{ Infos Pratiques }

Le Mexi & Co est au n°10 de la rue Dante, Paris 5ème. Métro Saint-Michel ou Cluny-La Sorbonne. Il est ouvert tous les jours de 12h00 à 23h00.

♪♫ Si par hasard… ♫♪

Quel meilleur point de vue sur le Pont Neuf que depuis son joli voisin, celui des Arts ? Un pont d’autant plus agréable qu’il est piéton. Oh ! Mais alors, il s’agit plutôt d’une voisine : une « passerelle » précisément. Saviez-vous que celle-ci ne date que de 1984 ? Certes, ses architectes ont repris le plan de la précédente, construite en 1803, mais en réduisant le nombre des arches et usant de matériaux différents. Adieu la pierre, adieu le fer… et vive le béton et l’acier !

UNE VIE DE PONT

Il faut dire qu’à Paris, la vie d’un pont n’est pas de tout repos. Si la première passerelle des Arts a été démolie, c’est qu’elle avait été dangereusement fragilisée. D’abord par les bombardements des Première et Seconde Guerres mondiales. Puis par trois collisions de bateaux, entre 1961 et 1979. Pourtant, bien que le contexte ait évolué vers une ambiance générale plus sereine, le nouveau Pont des Arts n’en a pas moins risqué d’autres dommages…

En 2008, l’idée vient en effet aux amoureux du monde entier – on sait comment ! – de sceller leur union en accrochant un cadenas aux grilles du pont, avant de lancer la clé dans les eaux du fleuve. (Oh là là, quel romantisme !) Cette pratique a duré plusieurs années sans qu’on s’en soucie, mais quand l’un des grillages a cédé sous le poids de « l’amour » il a fallu trouver une solution. C’est ainsi qu’un nouveau matériau a fait son entrée sur le pont : le verre.

TOUJOURS DESSUS !

Bon, de toutes façons, pour Les Croqueuses, le matériau idéal restera toujours le papier ! Donc, en ce début d’après-midi chaud et ensoleillé, nous nous installons face au Pont Neuf et ouvrons nos carnets. Pour une fois, nous avons décidé de venir sans notre caméra. Il faut dire qu’après deux jours de No Mad Festival – génial mais intense – nous avons besoin d’une sortie tranquille, juste pour profiter du plaisir d’être ensemble dans « la plus belle ville du monde » et de la dessiner. Mais ça… c’était avant de croiser Klaus, le serial YouTubeur du Pont des Arts, qui fera de nous ses vedettes d’un jour !

Car nous ne le savions pas mais depuis des années, Claude vient quotidiennement sur ce pont et filme ce qui s’y passe d’intéressant, de drôle ou d’étonnant. Peintres, musiciens, sportifs, amoureux, passants, touristes et farceurs de tout poil… c’est simple, en vous baladant sur sa chaîne, vous croiserez le monde entier. Aucun doute, ce retraité bien facétieux fait partie, comme nous, de la G.C.C.G. – la Grande Confrérie des Curieux Généreux, ceux qui sont à l’affût des petits bonheurs de la vi(ll)e et aiment à les partager gratuitement autour d’eux ! (Merci !)

LE PONT DES SOURIRES

Ce jour-là d’ailleurs, Les Croqueuses ont eu droit à une double dose de rencontres. Car après le passage de Claude, nous ferons la connaissance d’un jeune carnettiste en herbe : Andrew, 8 ans, venu des États-Unis découvrir Paris avec ses parents. Nous voyant dessiner, il a ouvert son sac, sorti son bloc et s’est mis au travail. Une fois son dessin terminé, il a très gentiment accepté de poser pour nous – un joli « sourire du lundi » ! – et beaucoup apprécié notre badge en retour. Bye, Andrew! Have a nice stay in Paris!

Et puis… longue vie au Pont des Arts, qui rime avec hasard et porte bien son nom !

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À Paris comme à Tokyo

Vous rêvez d’un voyage au Japon… mais vous n’avez pas les sous pour le billet d’avion ? Ou bien vous y avez vécu et la nostalgie vous tombe dessus, de temps en temps ? Pas de souci. Une fois de plus, Les Croqueuses ont la solution : rendez-vous chez Kodawari Ramen, dans le 6ème arrondissement !

C’EST BEAU / それは美しいです!

Pour ne rien vous cacher, c’est sur Instagram que nous les avons repérés. L’endroit est si photogénique ! (Tellement que nous avions presque peur d’être déçues.) Pourtant, bien qu’averties, nous sommes cueillies par l’ambiance dès l’entrée. En japonais paraît-il, kodawari signifie « qui a le souci du détail ». Si c’est exact, le nom fait sens. Vraiment. Car ici, tout est raccord. Visuel, sonore même, le décor vous attrape et vous embarque, direct, dans son histoire. Le plus fort, c’est que chaque nouveau convive – nous, vous bientôt ! – y tient un rôle : celui du gourmet en vadrouille, qui se faufile dans les ruelles de Tokyo, la nuit tombée, en quête de la meilleure soupe de nouilles. Et, à l’étage, un intérieur d’auberge traditionnelle vous propose encore une autre atmosphère…

C’EST BON / それは良いです!

Le risque, évidemment, avec ce genre de lieu où tout a été tellement bien pensé pour les yeux, c’est que la bouche, elle, soit en reste. Il n’en est rien. Les trois Croqueuses présentes ont choisi des ramens différents : classique, léger ou de saison… tous ont fait l’objet de superlatifs. Véronique, en particulier, qui aime la cuisine « relevée », a beaucoup apprécié la toute nouvelle recette de ramen végétarien au curry vert, à la fois subtile et puissante. Anne a découvert avec délice les œufs marinés au soja. Et Aurélie a craqué sur le bouillon, vraiment très savoureux.

Vous l’aurez compris, du contenu de l’assiette à l’ambiance autour, Jean-Baptiste et Fleur Meusnier n’ont rien laissé au hasard. Ils en sont, aujourd’hui, fort justement récompensés – par des Palmes, et surtout une affluence record ! Nous avons eu la bonne idée, ce jour-là, de traîner dans les rues avant pour nous présenter en toute fin de service. Ensuite, nous nous sommes faites toutes petites, passant des baguettes aux crayons sans trop gêner le ménage et la mise en place du soir… Merci Kodawari ! 我々は戻ってくる!(« Nous reviendrons ! ») 

{ Infos Pratiques }

Le Kodawari Ramen est au n°29 de la rue Mazarine, Paris 6ème. Métro Mabillon ou Odéon. Il est ouvert tous les jours de 12h00 à 14h30 puis de 18h30 à 22h30 – 23h00 les vendredis et samedis.